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référentiel. "692 La signifiance dépasse le niveau strictement linguistique, car elle est " une manifestation de la sémiosis " et, par cela, elle ouvre la voie à de multiples lectures et interprétations, toutes possibles.693 En tânt que marques de la signifiance, Laranjeira énumère leș agrammaticalités694, le signe double 695 et leș interprétants textuels.696 Surtout dans le cas de la traduction poétique, le terme de " signifiance " mérite une discussion à part, parce qu'elle acquiert des valences particulières, étant associée avec la prétendue " négativité " ou
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
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strictement linguistique, car elle est " une manifestation de la sémiosis " et, par cela, elle ouvre la voie à de multiples lectures et interprétations, toutes possibles.693 En tânt que marques de la signifiance, Laranjeira énumère leș agrammaticalités694, le signe double 695 et leș interprétants textuels.696 Surtout dans le cas de la traduction poétique, le terme de " signifiance " mérite une discussion à part, parce qu'elle acquiert des valences particulières, étant associée avec la prétendue " négativité " ou " obliquité " du message, que nous avons analysée
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unité c'est saisir să signifiance ou, selon la terminologie de M. Riffaterre, " le texte de base " ou parfois " la matrice ". Ceci a pour conséquence l'apparition de deux concepts clés : l'obliquité ou l'agrammaticalité. La poésie doit exprimer leș concepts de façon " oblique ", un poème disant une chose et signifiant une autre. [...] La signifiance ne saurait se limiter à un simple message univoque codé, caché sous le sable mimétique du poème et visant à l'Interprétation.697 La signifiance
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ce qui regarde la langue source dans la langue seconde, non plus qu'à leur niveau conceptuel. La " pensée " du poème ne s'exprime pas sur le plan des concepts [...]. Où le traducteur tente-t-il se placer, s'il veut éviter leș pièges d'un transfert strictement linguistique, ceux d'une déviance conceptuelle, ainsi que le renchérissement métaphorique à tendance esthétisante ou explicative ?699 Voilà donc l'ingrate position dans laquelle se trouve le traducteur en quête de la signifiance. Pour résoudre ce
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et autour duquel le poète répond à un appel " ou avec l'" inviolable espace intérieur, avec să lisière de mots qui seuls șont visibles "701. La signifiance est à percevoir aussi dans le non-dit du texte, qui est situé dans leș espaces blancs où réside l'énigme fondamentale de tout poème. On peut affirmer, par conséquent, que le traducteur se met non seulement à l'écoute de la voix du texte, mais aussi de șes silences, afin de percevoir leș signes faits
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situé dans leș espaces blancs où réside l'énigme fondamentale de tout poème. On peut affirmer, par conséquent, que le traducteur se met non seulement à l'écoute de la voix du texte, mais aussi de șes silences, afin de percevoir leș signes faits par le poète, ce " muet ", comme l'appelle André du Bouchet.702 La traduction a comme but de restituer au public cible l'inexorable " incomplétitude "703 du poème source. * Îl convient d'observer que la notion de signifiance
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du poème en langue d'arrivée, telle qu'elle est saisie par le traducteur à la suite de șa démarche intertextuelle. La difficulté créée par " l'imposture du signe " n'est donc qu'une fausse approche dans la traduction poétique : leș poèmes ont été traduits à toutes leș époques, et cette prétendue difficulté a été chaque fois surmontée d'une façon ou d'une autre. Îl s'agit plutôt d'une incompatibilité apriorique invoquée par ceux qui ne voient dans le
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qu'elle est saisie par le traducteur à la suite de șa démarche intertextuelle. La difficulté créée par " l'imposture du signe " n'est donc qu'une fausse approche dans la traduction poétique : leș poèmes ont été traduits à toutes leș époques, et cette prétendue difficulté a été chaque fois surmontée d'une façon ou d'une autre. Îl s'agit plutôt d'une incompatibilité apriorique invoquée par ceux qui ne voient dans le discours poétique que la fixité de la forme
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message, ni au niveau des effets produits, ni au niveau des concepts véhiculés, mais elle constitue plutôt une combinaison des trois. Le traducteur doit se méfier des obstacles engendrés par la dualité du signe et découvrir, par son travail même, leș ressources secrètes de la langue d'accueil, car " chaque langue a son échelle, pour aller cueillir le fruit du poème "707. Considérée globalement, la traduction poétique n'est plus une rupture entre signifiant et signifié, mais devient " une activité signifiante (...), dans
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poème "707. Considérée globalement, la traduction poétique n'est plus une rupture entre signifiant et signifié, mais devient " une activité signifiante (...), dans să cohérence et son unité "708. Le seul impératif dans la traduction de poème est celui de récupérer leș marques de la signifiance ; du reste, tout tient du pouvoir recréateur du traducteur : Le traducteur du poème doit donc avoir devant son texte une attitude bien différente de celle du traducteur d'un texte véhiculaire. Tandis que celui-ci traduit surtout le
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original, car elle en constitue la carte d'identité.709 2. 6. Méthodes et stratégies dans la traduction de poésie Dans cette section nous nous proposons d'exposer quelques stratégies de traduction du texte poétique par lesquelles on peut résoudre leș difficultés que nous avons énumérées antérieurement. Dans un premier temps, nous analysons la traduction des vers par la prose et la francisation, deux choix manifestés dans la traduction poétique en France dans leș années '60-'70, en essayant de voir
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texte poétique par lesquelles on peut résoudre leș difficultés que nous avons énumérées antérieurement. Dans un premier temps, nous analysons la traduction des vers par la prose et la francisation, deux choix manifestés dans la traduction poétique en France dans leș années '60-'70, en essayant de voir s'ils peuvent être appliqués de nos jours en tânt que stratégies de traduction. Ensuite, nous proposons quelques stratégies de traduction du texte poétique, illustrées par des exemples. 2. 6. 1. Sur " la
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ajoute ensuite un autre dilemme, qui le recoupe en plusieurs points : faut-il rendre le vers par le vers ou le vers par la prose ? "712 Cette décision de traduire la poésie par la prose était très fréquente en France dans leș années '60-'70713 et avait comme prétexte une fidélité plus prononcée au sens du poème. Traduire des vers par la prose a l'avantage de " simplifier " la tache du traducteur, qui ne sent plus leș contraintes d'ordre prosodique, mélodique
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très fréquente en France dans leș années '60-'70713 et avait comme prétexte une fidélité plus prononcée au sens du poème. Traduire des vers par la prose a l'avantage de " simplifier " la tache du traducteur, qui ne sent plus leș contraintes d'ordre prosodique, mélodique ou phonique et peut se concentrer sur le message du poème. La traduction de la poésie par la prose connaît des réactions ferventes de la part des poètes et des traductologues. Aussi, Paul Valéry critique-t-il cette " fidélité
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choix traductif manifesté dans la traduction poétique en France à la même époque est celui de la " francisation " du texte de départ, afin que le public ne sente pas la traduction : " Certains traducteurs croient toujours nécessaire de franciser de manière que leș lecteurs déclarent : "On dirait que ces poèmes ont été écrits directement en français", ce qui généralement leș colonise et leș détruit. "718 Ce choix traductif généralisé nous rappelle l'époque des Belles Infidèles, où l'on préférait " traduire à la
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du texte de départ, afin que le public ne sente pas la traduction : " Certains traducteurs croient toujours nécessaire de franciser de manière que leș lecteurs déclarent : "On dirait que ces poèmes ont été écrits directement en français", ce qui généralement leș colonise et leș détruit. "718 Ce choix traductif généralisé nous rappelle l'époque des Belles Infidèles, où l'on préférait " traduire à la française " leș œuvres de l'Antiquité grecque et latine. Antoine Berman critique cette édulcoration francisante ou " ethnocentrique
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départ, afin que le public ne sente pas la traduction : " Certains traducteurs croient toujours nécessaire de franciser de manière que leș lecteurs déclarent : "On dirait que ces poèmes ont été écrits directement en français", ce qui généralement leș colonise et leș détruit. "718 Ce choix traductif généralisé nous rappelle l'époque des Belles Infidèles, où l'on préférait " traduire à la française " leș œuvres de l'Antiquité grecque et latine. Antoine Berman critique cette édulcoration francisante ou " ethnocentrique ", parce qu'elle
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déclarent : "On dirait que ces poèmes ont été écrits directement en français", ce qui généralement leș colonise et leș détruit. "718 Ce choix traductif généralisé nous rappelle l'époque des Belles Infidèles, où l'on préférait " traduire à la française " leș œuvres de l'Antiquité grecque et latine. Antoine Berman critique cette édulcoration francisante ou " ethnocentrique ", parce qu'elle prive le lecteur de ce qui surprend, trouble ou choque dans la langue d'autrui.719 Avec la francisation, on revient en effet
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de traduction ethnocentrique, annule l'étrangeté de la langue source et du style du poète que l'on traduit. En d'autres mots, " franciser c'est détruire le poème. "720 2. 6. 2. Possibles stratégies de traduction du texte poétique Comme leș difficultés de traduction engendrées par le discours poétique șont multiples et comme " la nécessité d'une traduction implique la nécessité d'un choix "721, nous considérons qu'il est nécessaire de passer en revue quelques stratégies et techniques qui șont
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traduction poétique, parce qu'elle se borne au niveau strictement dénotatif des termes : " La littéralité absolue est une vue de l'esprit, puisqu'elle impliquerait un processus radicalement dénotatif, ce qui est contraire à la nature même des langages. "723 Leș figures de langage se prêtent souvent à la traduction littérale : on peut traduire sans problèmes " amiază nopții " par " le midi de la nuit " " golul mormântului " par " le vide du tombeau " ou " le chuchotis de l'eau " par " susurul/murmurul/șoaptă apei
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ce n'est plus valable lorsqu'on a affaire à des images plus amples, qui demandent au traducteur de trouver une image équivalente en langue cible. Par exemple, traduire le vers Spre munți trec nori cu ugerele pline. par Vers leș montagnes passent des nuages aux mamelles pleines. (sic !), comme le fait l'auteur d'une version qui fait pârtie de notre corpus 724, est inacceptable, car le traducteur a détruit la poéticité du texte de départ. En conclusion, une traduction
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dans la langue d'accueil. À ce titre, Fernand Verhesen propose " une littéralité discrète " ou " relative ", qui permet au traducteur de préserver la poéticité du texte de départ : La qualité du traducteur tient à la justesse avec laquelle îl transpose leș variables dues au fait qu'il ne connaît pas ce dont parle le poète, mais seulement ce qu'il en dit. Îl estime, bien entendu, la teneur littérale du texte source, son poids sémantique, șes virtualités sémiotiques, șes valeurs rythmiques
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pas ce dont parle le poète, mais seulement ce qu'il en dit. Îl estime, bien entendu, la teneur littérale du texte source, son poids sémantique, șes virtualités sémiotiques, șes valeurs rythmiques et sonores, son timbre, să hauteur et surtout leș rapports qu'il noue, en chacun de ces registres, dans des réseaux d'interférences infiniment complexes. La littérarité relative mesure avec précision ce qui est structurellement essentiel dans une langue comme dans l'autre.725 Une littérarité relative n'est
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lecteur et ne produit pas des versions maladroites ou dépourvues de poéticité dans la langue cible : " On pourrait dire : la traduction littérale authentique doit apparaître comme pur "mot-à-mot", mais ne pas l'être ", affirme Antoine Berman.726 Au-delà de la littéralité : leș procédés obliques Certains traductologues partagent leș stratégies de traduction en deux grandes catégories : on aurait, d'un côté, la traduction littérale, et de l'autre côté, tous leș autres procédés, qualifiés comme " obliques ".727 Cette dichotomie littéralité vs. oblicité a
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versions maladroites ou dépourvues de poéticité dans la langue cible : " On pourrait dire : la traduction littérale authentique doit apparaître comme pur "mot-à-mot", mais ne pas l'être ", affirme Antoine Berman.726 Au-delà de la littéralité : leș procédés obliques Certains traductologues partagent leș stratégies de traduction en deux grandes catégories : on aurait, d'un côté, la traduction littérale, et de l'autre côté, tous leș autres procédés, qualifiés comme " obliques ".727 Cette dichotomie littéralité vs. oblicité a différents avatars, en fonction de la vision
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