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mais ne pas l'être ", affirme Antoine Berman.726 Au-delà de la littéralité : leș procédés obliques Certains traductologues partagent leș stratégies de traduction en deux grandes catégories : on aurait, d'un côté, la traduction littérale, et de l'autre côté, tous leș autres procédés, qualifiés comme " obliques ".727 Cette dichotomie littéralité vs. oblicité a différents avatars, en fonction de la vision du traducteur respectif.728 Și l'on admet que la perte est inhérente à la traduction, îl convient de réunir tous leș
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leș autres procédés, qualifiés comme " obliques ".727 Cette dichotomie littéralité vs. oblicité a différents avatars, en fonction de la vision du traducteur respectif.728 Și l'on admet que la perte est inhérente à la traduction, îl convient de réunir tous leș procédés par lesquels le traducteur peut contrecarrer cette perte sous la dénomination de " techniques de compensation ". Nous envisageons donc la compensation au sens large, comme une stratégie traductive générale appliquée au texte " pour aboutir à un texte d'arrivée équivalent
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de " techniques de compensation ". Nous envisageons donc la compensation au sens large, comme une stratégie traductive générale appliquée au texte " pour aboutir à un texte d'arrivée équivalent "729. La compensation relève, bien évidemment, de la créativité du traducteur de " masquer " leș déperditions par des solutions inédites de traduction. En son sens restreint, ce procédé est appliqué surtout și l'on a affaire à des " plages d'intraduisibilité " parsemés dans le texte.730 C'est, par exemple, le cas du moț roumain
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mal d'aimer ", " amertume ", en fonction du trăit sémantique qui prédomine dans le contexte respectif. En son sens élargi, la compensation est appliquée au texte entier pour obtenir des effets équivalents dans la langue d'accueil et, par cela, récupérer leș marques de la signifiance. Leș techniques de compensation peuvent être employées pour des raisons prosodiques ; par exemple, pour recréer la rime dans la langue cible. Pour illustrer ce propos, nous citons la traduction d'une strophe du poème Bénédiction de Charles
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en fonction du trăit sémantique qui prédomine dans le contexte respectif. En son sens élargi, la compensation est appliquée au texte entier pour obtenir des effets équivalents dans la langue d'accueil et, par cela, récupérer leș marques de la signifiance. Leș techniques de compensation peuvent être employées pour des raisons prosodiques ; par exemple, pour recréer la rime dans la langue cible. Pour illustrer ce propos, nous citons la traduction d'une strophe du poème Bénédiction de Charles Baudelaire et să traduction
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traduction d'une strophe du poème Bénédiction de Charles Baudelaire et să traduction en roumain, qui est l'œuvre de Tudor Arghezi: Vers le Ciel, où son œil voit un trône splendide, Le Poète serein lève șes bras pieux, Et leș vastes éclairs de son esprit lucide Lui dérobent l'aspect des peuples furieux. Charles Baudelaire, Bénédiction Spre cer, unde zărește un jilț și o minune, Psalmistul își ridică smerita rugăciune, Și lungă scăpărare a nimbului rotund Priveliștile lumii dușmane i
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își ridică smerita rugăciune, Și lungă scăpărare a nimbului rotund Priveliștile lumii dușmane i le-ascund. Traduit par Tudor Arghezi.731 À une analyse comparative, on comprend qu'il n'y a pas de correspondance totale au niveau sémantique entre leș deux textes : on identifie des termes ajoutés par le traducteur roumain pour récupérer la rime, la mesure et le rythme des vers en langue cible (" o minune "), tout comme des interprétations : " le Poète serein " devient en roumain un " psalmiste " (leitmotiv
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On découvre également des modulations : le syntagme " șes bras pieux " est traduit par " smerita rugăciune " (littéralement : " l'humble prière "), tandis que l'épithète " furieux " est vue comme " dușman " (littéralement : " ennemi ") par Arghezi, le poète-traducteur. En outre, on peut observer que leș majuscules du texte de départ (" le Poète ", " le Ciel ") ne șont pas conservées en roumain. * Cette brève analyse nous détermine à conclure que la compensation est, en effet, la méthode traductive par excellence dans le cas du texte poétique. Le
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moins poétique que celui de la langue source. En conclusion, la traduction poétique s'avère être une " tricherie perpétuelle "732 par laquelle le traducteur redécouvre, dans son travail, la poéticité cachée de la langue cible, car " le but lointain est de servir leș possibilités poétiques de notre langue pour le poème original, dont elle est à chaque nouvelle époque capable "733. 2. 7. Herméneutique et traduction poétique Tout au long de ce chapitre, nous avons observé que la traduction de poésie est le fruit
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et și, vraiment, un texte-traduction abouti est le fruit d'un travail de recréation. 2. 7. 1. De l'interprétation à la recréation La théorie de la traduction a enregistré plusieurs types de traduction poétique, en fonction des décisions adoptées par leș traducteurs. André Lefevere, par exemple, énumère sept stratégies de la traduction du texte poétique : 1) la traduction phonologique/phonémique, qui consiste à reproduire le signifiant sonore du texte source avec leș moyens de la langue cible, en ignorant le contenu ; 2) la
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types de traduction poétique, en fonction des décisions adoptées par leș traducteurs. André Lefevere, par exemple, énumère sept stratégies de la traduction du texte poétique : 1) la traduction phonologique/phonémique, qui consiste à reproduire le signifiant sonore du texte source avec leș moyens de la langue cible, en ignorant le contenu ; 2) la traduction littérale, qui se concentre sur le contenu, en négligeant la forme ; 3) la traduction métrique, qui consiste à reproduire la mesure des vers du poème de départ ; 4) la
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vers blanc, qui ne tient pas compte du jeu des rimes et se prête à un haut niveau de littéralité ; 7) la traduction-interprétation, qui a comme source l'exégèse du traducteur appliquée au texte.735 À part la traduction-interprétation, tous leș autres types de traduction poétique visent une seule composante du signe poétique, en général la forme. Pour cette raison, nous ne considérons pas qu'elles représentent de varies stratégies de traduction poétique. En théorie, la seule méthode par laquelle on
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nos commentaires : 1) la traduction-information, qui " vise à donner au lecteur une idée générale de l'original "736. À notre sens, elle ne constitue pas une traduction en tânt que țel, mais plutôt un commentaire, qui se propose d'informer leș lecteurs sur le " contenu " du poème. Comme le contenu dans le cas du discours poétique est fugace, une telle démarche nous semble irréalisable, voire même inutile. 2) la traduction-interprétation, qui " combine la paraphrase et l'analyse. Elle est l'auxiliaire
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d'un poème source, créent un autre poème, en imitant le style de l'auteur d'origine. À vrai titre, on ne peut pas parler d'une traduction dans ce cas, parce qu'il y a un écart considérable entre leș deux textes. Nous préférons qualifier de " pastiche " ce type de " traduction ". Nous retenons de cette classification la traduction-interprétation et la traduction recréation, en précisant qu'elles représentent, en effet, deux étapes de la traduction poétique. Nous rappelons à ce titre la
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de départ, au niveau stylistique et esthétique. Pour la traduction poétique, on aurait donc un schéma du type : Compréhension (Sens) → Déverbalisation (Interprétation) → Recréation (Réécriture) Puisque le poème a été déclaré " événement herméneutique "742, la traduction de poésie passe obligatoirement par leș trois étapes énoncées ci-dessous. En d'autres mots, si le traducteur n'a pas compris et interprété le texte de départ, îl n'aboutira pas à donner en langue cible un texte-traduction qui devienne écriture. C'est par son travail
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évite dans să traduction l'emploi des parenthèses du texte source et procède à l'interprétation de la métaphore " ochi de pădure ", contenue par ces parenthèses. Son travail interprétatif consiste à jouer sur l'ambivalence du nom " œil " : le traducteur associe leș yeux de la bien-aimée aux " yeux de la forêt ", afin de ne pas quitter le champ sémantique de la chasse. Paul Miclău, qui est aussi un émérite sémioticien de Blaga, évite une traduction littérale dépourvue de poéticité en français, et interprète dans une
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sienne. C'est faire un nouveau texte habité par la même intention. "745 Paul Miclău a réussi entièrement à faire habiter son texte-traduction par l'intention du texte d'origine. Conclusion partielle Cette incursion théorique nous a permis de détailler leș mécanismes qui régissent le fonctionnement du discours poétique, tout comme leș approches qui concernent la traduction de ce discours. La démarche pluridisciplinaire que nous avons menée dans la Section 1 de ce chapitre a eu comme objet, dans un premier temps, le
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intention. "745 Paul Miclău a réussi entièrement à faire habiter son texte-traduction par l'intention du texte d'origine. Conclusion partielle Cette incursion théorique nous a permis de détailler leș mécanismes qui régissent le fonctionnement du discours poétique, tout comme leș approches qui concernent la traduction de ce discours. La démarche pluridisciplinaire que nous avons menée dans la Section 1 de ce chapitre a eu comme objet, dans un premier temps, le discours poétique, résultat de ce qu'Antonio Rodriguez appelle " pacte lyrique ". Nous
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été accordée au signe, que nous concevons comme un tout unitaire. L'analyse sémiotique nous a conduit au concept de signifiance, concept-clé de notre analyse, qui est défini par Riffaterre comme l'unité du signifiant et du signifié qui contient leș indices d'obliquité du texte poétique. Du point de vue de la traduction, le texte poétique doit être saisi comme un ensemble sémantique unifié. La Section 2 de ce chapitre a eu comme objet la problématique de la poésie en traduction. Nous avons
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défini la traduction poétique comme science et art, mais aussi comme réflexion sur la poétique de l'Autre. Quant au traducteur de poésie, îl est sujet historique et herméneute du texte. S'il est poète, entre să propre création et leș poèmes qu'il traduit peut s'établir ce que nous avons appelé une poétique inverse. Și, au contraire, le traducteur n'est pas poète, îl le devient car, pour créer un texte-traduction, îl doit " traduire en poète ".746 Nous avons
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746 Nous avons contesté la théorie de l'intraduisible poétique, la considérant un postulat apriorique : en pratique, " la traduction est elle-même un des possibles de la poésie "747. Nous préférons plutôt parler des limites de la traduction poétique. L'une des difficultés leș plus redoutables que présente la poésie est la visibilité du signe : à notre sens, le traducteur ne doit pas se borner au niveau du signifiant ou du signifié ; îl doit chercher à récupérer dans la langue d'accueil leș marques
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difficultés leș plus redoutables que présente la poésie est la visibilité du signe : à notre sens, le traducteur ne doit pas se borner au niveau du signifiant ou du signifié ; îl doit chercher à récupérer dans la langue d'accueil leș marques de la signifiance (ou du rythme, dans la conception de Meschonnic). À travers une écoute attentive, le traducteur devient capable de surprendre dans să traduction la voix du poème, avec tous șes indices textuels (pronoms, modulations, ponctuation, etc.) ou paratextuels
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la voix du poème, avec tous șes indices textuels (pronoms, modulations, ponctuation, etc.) ou paratextuels (non-dit, implicite, espaces blancs). En termes de stratégies de traduction du texte poétique, nous avons identifié deux grandes classes, à savoir la traduction littérale et leș techniques de traduction oblique, que nous avons appelées de manière générique " techniques de compensation ". Dans notre démarche descriptive et critique des Chapitres V et VI, le but n'est pas d'identifier ou de nommer leș stratégies de traduction, mais
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la traduction littérale et leș techniques de traduction oblique, que nous avons appelées de manière générique " techniques de compensation ". Dans notre démarche descriptive et critique des Chapitres V et VI, le but n'est pas d'identifier ou de nommer leș stratégies de traduction, mais, à travers cette analyse, d'aboutir à des conclusions sur leș choix traductifs généraux qui peuvent donner naissance au style traductif. La Section 2. 7. de ce chapitre a eu comme sujet l'approche herméneutique appliquée à
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générique " techniques de compensation ". Dans notre démarche descriptive et critique des Chapitres V et VI, le but n'est pas d'identifier ou de nommer leș stratégies de traduction, mais, à travers cette analyse, d'aboutir à des conclusions sur leș choix traductifs généraux qui peuvent donner naissance au style traductif. La Section 2. 7. de ce chapitre a eu comme sujet l'approche herméneutique appliquée à la traduction de textes poétiques. À travers l'analyse de la traduction, nous avons conclu que
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