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aux grands courants européens. La consolidation de la langue roumaine et la constitution de l'État național indépendant, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ont favorisé le développement de cette littérature. L'entre-deux-guerres, qui a commencé avec la naissance de la " grande Roumanie ", en décembre 1918, a constitué une époque de calme et d'essor artistique. Îl s'agit, en effet, de la période d'éclosion de la littérature roumaine naționale, auparavant assez timide, fragmentaire ou opprimée. Par contre, l'instauration du régime communiste
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du XXe siècle porte l'empreinte de la douce mélancolie des vers d'Eminescu mais, aussi, du sentiment métaphysique de Blaga. Îl y a aussi une troisième source du lyrisme roumain moderne : la veine mythologique : la poésie roumaine fait pârtie de la grande poésie du monde grace aux mythes qu'elle véhicule. Le thème du moi et des origines, que l'on retrouve particulièrement dans la création de Blaga, est l'un des plus fréquents: Une des formes leș plus prenantes de cette
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poètes à employer le vers libre, expression du paradigme moderne. L'ancien modèle prosodique est abandonné en faveur d'une poésie plus libre, dépourvue de contraintes formelles. La présence du paradigme moderne dans la poésie lie cette production à la grande poésie européenne et mondiale, mais elle facilite en même temps la traduction et la diffusion des œuvres.779 C'est donc dans ce paysage des grandes transformations de la poésie roumaine qu'est produite la création poétique de Blaga, peut-être la
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la création d'un système philosophique propre dont le fondement réside aussi dans la veine folklorique et mythologique roumaine. La relation intime entre Blaga et l'espace culturel național, surtout après la résolution de la question naționale en 1918 par la Grande Union, est théorisée dans șes écrits philosophiques. Écrivain essentiellement de langue roumaine 815, Blaga a connu une période féconde, l'entre-deux-guerres, quand îl a eu la possibilité de se dédier pleinement à la création de son œuvre littéraire et de
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837. Le 6 mai 1961, Blaga s'éteint à Cluj, laissant derrière lui une création majeure de la culture roumaine et européenne du XXe siècle. Îl est enterré à Lancrăm, le village aux sonorités de larme d'où a commencé să grande aventure de la connaissance. À cette occasion, Mircea Eliade publie un article émouvant : Tăcerile lui Lucian Blaga (Leș silences de Lucian Blaga). Ce seră à peine en 1962 que seră publié une pârtie des poèmes " interdits ", dans une édition coordonnée par
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Le public français et francophone devrait entendre, lui aussi, le chant de Blaga, ce chant " qui élargit la roumanité aux dimensions de l'universel, où le lyrisme débouche sur le métaphysique "844. Le parcours du poète, tout comme la plus grande pârtie de șa création, șont inédits en français. La découverte de ce destin fascinant est, selon nous, absolument nécessaire à la compréhension de șa pensée poétique et philosophique. 3. Lucian Blaga le poète Ce sous-chapitre est consacré à l'activité poétique
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poème Autoportrait, où le poète parle de son âme qui " est en quête,/quête muette et séculaire,/depuis toujours,/jusqu'à l'ultime frontière "860. C'est donc le désir d'apercevoir le mystère et de s'engager dans la grande aventure de la connaissance qui détermine Blaga à entreprendre son acte poétique. Îl s'agit, peut-être pour la première fois dans la littérature roumaine, d'une poésie dont leș fondements șont métaphysiques plutôt que lyriques. Blaga reprend et approfondit la pensée
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faire place à de troublantes questions ".908 Le leitmotiv du volume est l'éphémère de l'existence, " le grand passage ", qui n'est pas un passage vers l'au-delà, comme le lecteur pourrait croire à la première vue, mais la grande traversée qu'est la vie. Au début du recueil, on retrouve un exergue d'influence faustienne : L'inexorable fuite du temps, voilà le sujet essentiel devenu, depuis leș romantiques, toujours plus riche et plus complexe du volume de 1924. Son
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cadence des vers surprend par des tournures inédites, qui rappellent parfois l'harmonie du vers populaire. 3. 3. 6. La curțile dorului/ À la cour du mystère (1938) Elena-Brândușa Steiciuc qualifie la poésie de ce recueil comme " une poésie d'une grande harmonie intérieure ", qui a comme inspiration " le riche patrimoine de la poésie populaire roumaine "916. À notre sens, on peut dire que, avec ce sixième recueil, leș traits stylistiques de Blaga, tout comme leș symboles sur lesquels repose son lyrisme șont
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968 ou Rilke.969 Mais, au-delà de son admiration pour leș auteurs étrangers, Blaga est motivé par son ambition d'enrichir la littérature roumaine, en lui " annexant " de telles œuvres précieuses. La traduction " apaise " une " soif ardente ", lui offre une grande satisfaction et se constitue comme une expérience enrichissante et un accomplissement nécessaire : Traducând mi-am domolit o aprigă sete. Traducând m-am îmbogățit cu o experiență. Doream să văd în ce măsură poezia poate fi trecută dintr-un grâi în altul. Traducând
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stylistique de l'œuvre d'origine : Nu-mi pot imagina un traducător de poezie care să nu-și iubească opera, întocmai ca o creație originală. Astfel, traducătorul trebuie să se ia la întrecere cu originalul. "1027 Blaga montre vraiment une grande ouverture d'esprit en déclarant que la traduction de poésie est poésie à son tour. Îl prend aussi en compte l'éventuel échec du traducteur dû à la parole prononcée, c'est à dire à la complexité du signe : " Cel
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mort à Bucarest, le 13 décembre 2011. 3. 3. 1. 2. La poésie de Paul Miclău sous la magie du signe Și l'on analyse attentivement la carrière universitaire et littéraire de Paul Miclău, on se rend compte que să grande passion est la poésie : îl étudie le signe poétique dans șes ouvrages de linguistique et de sémiotique, îl traduit des poèmes de quelques poètes roumains de l'entre-deux-guerres (parmi lesquels Lucian Blaga), îl écrit lui-même des poèmes, à prosodie fixe
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tristesse, ce qui offre aux lecteurs francophones une perspective inédite, novatrice sur l'univers poétique de l'auteur roumain. Pour illustrer la persistance de ce thème dans le recueil, nous citons quelques titres de poèmes traduits : În marea trecere/Dans la grande traversée, Am înțeles păcatul ce apasă peste casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison, Cap aplecat/Tête inclinée, Elegie/Elégie, Ioan se sfâșie în pustie/Jean se lamente dans le désert, Tăgăduiri/Désaveux, Încheiere/Fin
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Non pas la mélancolie du poète romantique, mais une tristesse qui envahit l'âme. Une forme de désespoir englobe l'univers tout entier, le ciel, la nature et leș créatures. L'homme, conscient qu'il va mourir, participe à cette grande dramaturgie, la procession lente de la création vers son anéantissement. "1200 Dans la poésie de Blaga, le thème de la tristesse se fait visible à travers le leitmotiv des larmes, qui a comme source un certain " christianisme cosmique " : Leș larmes, manifestation corporelle
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de la terre et des étoiles, le poète d'origine roumaine George Astalos parle de la publication en France de la poésie de Lucian Blaga, qui " est bénéfique à plus qu'un titre "1243. Premièrement, l'œuvre de Blaga s'inscrit dans la grande poésie universelle, s'imposant par son souffle particulièrement métaphysique. Une telle poésie originale doit être connue en France : Elle [la poésie de Blaga] offre à la parole poétique roumaine d'après la Grande Guerre l'occasion de se confronter avec
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œuvre de Blaga s'inscrit dans la grande poésie universelle, s'imposant par son souffle particulièrement métaphysique. Une telle poésie originale doit être connue en France : Elle [la poésie de Blaga] offre à la parole poétique roumaine d'après la Grande Guerre l'occasion de se confronter avec leș autres poésies du vingtième siècle, mettant en exergue ce qu'elle a de potentialité et même de virtualité métaphysiques. [...] Au carrefour d'une confrontation universelle, l'œuvre d'un poète de la dimension
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du recueil. Philippe Loubière soutient que " la traduction littérale du titre du recueil, titre d'inspiration faustienne, * "Dans le grand passage" est un contresens. Îl ne s'agit pas du "grand passage", de la vie à trépas, par exemple, mais de la grande traversée de la vie, sans qu'il soit jamais question d'un au-delà possible. "1296 Le titre qu'il propose en traduction est, par conséquent, Au fil du grand parcours, un titre qui, selon le traducteur, met plutôt l'accent sur
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trouvé que des textes balançant entre banalité et maladresse ; nous n'avons perçu ni méthode, ni exigence, ni beauté. Est-ce de l'aveuglement ? Est-ce de l'infatuation devant notre propre travail ? Leș repères manquent, par définition. Notre déception a été grande, en tout cas, de n'avoir pas rencontré un autre traducteur dont la méthode aurait pu nous inspirer. Nous aurions aimé chercher là où îl a été le meilleur autant que là où nous l'avons surpassé.1315 Le discours
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par une majuscule.1398 Par ce choix, le poète met en évidence leș termes respectifs et leur confère un sémantisme à part. Dans le tableau ci-dessous, nous passons en revue leș situations où le poète décide d'accorder une plus grande importance à certains termes, par l'emploi de la majuscule. Un petit commentaire accompagne chaque fragment : Nimicul zăcea-n agonie, cănd singur plutea-n întuneric și dat-a un semn Nepătrunsul : " Să fie lumină ! " (Lumină) (Blaga, 2010 : 20) Le néant gisait
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l'Impénétrable : " Que la lumière soit ! " (La lumière) (Miclău, 1978 : 127) On observe que la traductrice a décidé de faire commencer le nom " le rien " par une majuscule, peut-être parce qu'elle sent le besoin de lui accorder une plus grande importance dans șont texte-traduction. Ce choix est discutable, car le poème source joue sur une ambiguïté : le terme " nimicul ", étant placé en début de la strophe, commence automatiquement par une majuscule. En tout cas, on ne peut pas dire și Blaga
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départ, proposant un équivalent plus poétique pour le syntagme " cu gând ducăuș " : " de mă pensée vagabonde ". Virgil Ierunca La traduction de Virgil Ierunca, fidèle en grandes lignes au rythme typographique du texte source, se fait remarquer pourtant par une plus grande oralité lorsque le traducteur décide de transformer des phrases affirmatives en interrogations : Acestui cutreier nu-i chip să-i dărui temeiul promis și mersul de-un mal să-l anin [...]. (Ani, pribegie și somn) (Blaga, 2010 : 194) Ce long cheminement
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me taire Et me font signe de me taire. (Le secret de l'initié) (Loubière, 2003 : 47) Îl y a quelques coquilles dans la traduction de Paula Romanescu, dues probablement à un travail insuffisant de relecture : *" qu'il ne me grande pas "1456, au lieu de " qu'il ne me gronde pas ", *" la péché "1457, *" at " au lieu de " et "1458, *" vizible "1459, " quëte "1460, " Comnaître "1461, *" la rêve ".1462 Comme la liberté qui résulte du travail d'interprétation se manifeste
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profondeurs. (Dans le grand passage) (Miclău, 1978 : 257) Peut-être a-t-elle péri sous leș rochers, la terre l'a peut-être engloutie. J'attends en vain de șes nouvelles, Seules leș grottes résonnent, et leș ruisseaux demandent à couler en profondeur. (La grande traversée) (Stolojan, 1992 : 29) Peut-être git-elle sous d'âpres rochers. Peut-être a-t-elle plongé au cœur de la terre. En vain j'attends de șes nouvelles, seul résonne l'écho des grottes, leș ruisseaux recherchent l'abîme. (Dans le grand passage) (Poncet
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sonore de départ et essayer de la reconstruire avec leș moyens de la langue cible, sans affecter le sémantisme du poème, soit traduire sans se soucier des rimes de l'original, afin de disposer, dans la langue d'arrivée, d'une plus grande liberté d'expression. Au niveau textuel, bien sûr, la réalité est tout autre, car îl y a toujours le compromis entre forme et sens. En ce qui suit, nous analysons leș décisions des traducteurs qui visent la prosodie du texte
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langue d'arrivée : " au dessus des eaux premières nées ". La cinquième strophe déploie une rime croisée incomplète (seulement le deuxième et le dernier vers riment). Par contre, si l'on analyse la traduction de Paul Miclău, on remarque une plus grande fidélité au poème source en termes de versification (fait exception l'avant-dernière strophe, qui présente toujours une rime croisée incomplète). Du point de vue de la récupération en langue cible des marques de la signifiance, la traduction de Paul Miclău est plus
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