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traduction, une seule victoire du traducteur sur l'auteur est, pour la plupart du temps, suffisante.1520 Îl semble que Paul Miclău ait réussi cette victoire. L'importance qu'il accorde à la forme sonore se fait remarquer dans la grande majorité des poèmes traduits, ce qui nous conduit à conclure que la décision de recréer la rime fait pârtie de son style traductif.1521 * En ce qui concerne la transposition du rythme dans la langue cible, nous avons observé une
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Blaga, 2010 : 170) Nous prolongeons l'infini d'un mystère, d'un chant. (Chanteurs malades) (Stolojan, 1992 : 95) un cântec s-a iscat în larg, mare și tainic în larg. (Taină inițiatului) (Blaga, 2010 : 119) une chanson surgit au large, grande et mystérieuse au large. (Le secret de l'initié) (Miclău, 1978 : 287) Veturia Drăgănescu-Vericeanu choisit, par contre, de traduire le moț " taină " par " secret ", terme dont le sémantisme est moins fort que celui de " mystère " et qui ne fait pas
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éventuellement encombrante. Nous sommes donc loin de l'original...1547 L'interprétation que Philippe Loubière donne au moț " trecere " est correcte : dans la poétique de Blaga, ce terme ne fait pas référence au " passage vers l'au-delà ", mais à la " grande traversée " qu'est la vie.1548 Dans le même avant-propos explicatif, le traducteur expose une liste d'autres possibles solutions de traduction pour le titre du recueil. Nous citons ci-dessous ces versions, accompagnées par leș commentaires de Philippe Loubière : En
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explicatif, le traducteur expose une liste d'autres possibles solutions de traduction pour le titre du recueil. Nous citons ci-dessous ces versions, accompagnées par leș commentaires de Philippe Loubière : En passant (trop réducteur), En pleine course (trop vif), Dans la grande aventure (trop intrépide et hasardeux), Dans le grand mouvement (trop brownien), Dans la grande traversée (déjà pris par Astérix), Au fil du grand courant (trop passif, trop à vaut-l'eau), Au fil du grand exil (suppose un au-delà de l
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titre du recueil. Nous citons ci-dessous ces versions, accompagnées par leș commentaires de Philippe Loubière : En passant (trop réducteur), En pleine course (trop vif), Dans la grande aventure (trop intrépide et hasardeux), Dans le grand mouvement (trop brownien), Dans la grande traversée (déjà pris par Astérix), Au fil du grand courant (trop passif, trop à vaut-l'eau), Au fil du grand exil (suppose un au-delà de l'exil, ce qui n'est pas l'idée), La grande bohème (trop nervalien), Suivre
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trop brownien), Dans la grande traversée (déjà pris par Astérix), Au fil du grand courant (trop passif, trop à vaut-l'eau), Au fil du grand exil (suppose un au-delà de l'exil, ce qui n'est pas l'idée), La grande bohème (trop nervalien), Suivre le grand fil (trop abstrait), Le grand transit (trop astral).1549 Philippe Loubière avoue avoir essayé de trouver " une expression juste " pour traduire le titre În marea trecere : Trouver une expression juste nous a retenu longtemps
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termes clé de cet exergue șont " trecerea " et " destrămarea ", interprétés différemment par leș traducteurs. Paul Miclău, tout comme Ștefana et Ioan Pop-Curșeu, optent pour la traduction littérale ; Paula Romanescu, par son interprétation, s'éloigne du sens fondamental de " trecere " comme " grande traversée ", tandis que Philippe Loubière reprend dans la traduction de l'exergue le moț " fil " qu'il a employé pour traduire le titre du recueil. La traduction littérale du nom " destrămarea " (" déchirement ") est poétique et ne s'éloigne pas du
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passage. (Aux lecteurs) (Ierunca, 1975 : 2) [...] on peut parler de tout tânt que l'on veut : [...] et avânt tout du grand passage. (Aux lecteurs) (Miclău, 1978 : 251) [...] on peut parler de tout à la longueur du temps : [...] et surtout de la grande traversée. (Aux lecteurs) (Stolojan, 1992 : 23) [...] On pourrait parler tânt que l'on voudrait [...] Et surtout du départ, du départ ! (Aux lecteurs) (Romanescu, 1998 : 76) [...] de tout on peut parler autant qu'on veut : [...] et avânt tout du grand parcours
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trecere " est, en général, " le grand passage " : îl se retrouve également dans leș titres des recueils traduits par Paul Miclău (Dans le grand passage)1554 et par Ștefana et Ioan Pop-Curșeu (Le Grand Passage). La version de Sanda Stolojan, " la grande traversée ", garde entièrement le sémantisme source, tout comme la poéticité du texte-traduction. Fidèle à son choix, Philippe Loubière traduit ce syntagme-clé de la poétique de Blaga par le " grand parcours ". Quant à Paula Romanescu, elle crée un contresens, traduisant le " passage
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chante encore le grand passage [...]. (Biographie) (Miclău, 1978 : 313) Avec des mots assourdis j'ai chanté, je chante encore le grand passage [...]. (Biographie) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 177) Leș paroles éteintes dans la bouche j'ai chanté et je chante encore la grande traversée [...]. (Biographie) (Stolojan, 1992 : 57) Avec leș mots éteints dans mă bouche j'ai chanté et je chante encore le grand passage [...]. (Biographie) (Villard, 2010 : 11) Nous analysons leș versions de traduction du titre În marea trecere dans le deuxième
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conte,/dans le grand, le grand conte. " (Semne/Signes) (Miclău, 1978 : 307) ; " et tout autre chemin aboutit au conte/au mythe très grand et très ancien. " (Signes) (Stolojan, 1992 : 55) ; " mais tout autre chemin mène dans la légende,/dans la grande, grande légende. " (Signes) (Pop-Curșeu, 2003 : 101) ; " basmul ar începe-așa " " car le conte dirait de cette façon " (Cântec pentru anul 2000/Chanson pour l'an 2000) (Miclău, 1978 : 447). Le village et l'âtre Dans la poésie de Blaga, le
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dans le grand, le grand conte. " (Semne/Signes) (Miclău, 1978 : 307) ; " et tout autre chemin aboutit au conte/au mythe très grand et très ancien. " (Signes) (Stolojan, 1992 : 55) ; " mais tout autre chemin mène dans la légende,/dans la grande, grande légende. " (Signes) (Pop-Curșeu, 2003 : 101) ; " basmul ar începe-așa " " car le conte dirait de cette façon " (Cântec pentru anul 2000/Chanson pour l'an 2000) (Miclău, 1978 : 447). Le village et l'âtre Dans la poésie de Blaga, le village
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agit. Pour le titre În marea trecere, nous avons trouvé leș versions suivantes : Le Grand Passage (Munteano, 1951 : 192), Dans l'immense fuite du temps (Gàldi, 1972 : 105), Dans le grand passage (Miclău, 1978), Le grand passage (Drăgănescu-Vericeanu, 1974) ; La grande traversée (Stolojan, 1992 : 29) ; Dans le grand passage (Poncet, 1996) ; Le Grand Passage (Pop-Curșeu, 2003) ; Au fil du grand parcours (Loubière, 2003) ; Durant le grand passage (Villard, 2009). Nous avons pris en compte également leș versions qui contiennent la traduction
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trecere. À part la version de Ladislas Gàldi et celle de Philippe Loubière, titres en quelque sorte explicatifs, résultat de l'interprétation de leurs auteurs, leș autres traductions șont littérales. Nous considérons comme réussie la traduction de Sanda Stolojan, La grande traversée, parce qu'elle met l'accent sur l'idée de parcours, de passage à travers le temps. Un choix intéressant est celui de Basil Munteano, tout comme celui de Ștefana et Ioan Pop-Curșeu, qui décident de faire commencer par
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Leș montagnes/que mă foie pourrait déplacer de șa voie ? (Dar munții unde-s ?/Et leș montagnes où sont-elles ?) (Miclău, 1978 : 155). Le fragment fait allusion aux paroles de Jésus : îl dit aux Apôtres que, si leur foi était aussi grande qu'une graine de moutarde, ils pourraient déplacer leș montagnes. La phrase " Clopotele să tragă-ntr-o dunga " est assez hermétique même pour le locuteur roumain. Philippe Loubière observe que, dans le rituel orthodoxe, cette expression fait référence à la
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croix, à la fois, leș pensées et leș mains. Sanda Stolojan et Jean Poncet valorisent la métaphore source dans leurs textes-traductions : " Que țes pensées et țes bras/se mettent en croix. " (Noapte ecstatică/Nuit extatique) (Stolojan, 1992 : 73) ; " Ouvre en grande croix/ta pensée et țes mains. " (Nuit extatique) (Poncet, 1996 : 126). Par contre, Paul Villard produit un contresens en traduisant : " Croise/țes pensées et țes mains. " (Nuit extatique) (2010 : 75). Leș vers " Tăiați-vă mieii pe cruce/ În amintirea jertfei
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Blaga.1605 On peut parler d'une image révélatrice, qui exige un effort d'interprétation afin de trouver une version poétique correspondante en langue cible. Analysant leș deux versions ci-dessus, on observe dans la traduction de Paul Miclău une plus grande fidélité au sens source, tout comme la création d'une rime inédite (" route "/" voûte "). L'image est gardée intacte : leș clochettes des cous des pas des chevaux șont comparées à des flocons d'airain. Quant à Jean Poncet, îl simplifie
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L'araignée) (Poncet, 1996 : 88) ; " Soarele-n zenit ține cântarul zilei. " " Le soleil au zénith tient la balance du jour. " (În marea trecere/Dans le grand passage) (Miclău, 1978 : 257) ; " Le soleil au zénith tient la balance du jour. " (La grande traversée) (Stolojan, 1992 : 29) ; " Le soleil au zénith brandit la balance du jour. " (Dans le grand passage) (Poncet, 1996 : 94) ; " Au zénith, le soleil pèse le jour avec să balance. " (Dans le grand passage) (Romanescu, 1998 : 72) ; " Le soleil au
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être traduite par " au village ", puisqu'il s'agit, dès le titre, de l'" âme du village " et non de l'" âme de la campagne ". În iarbă înaltă în mare mătasă/căzu din a veacului casă. " " Dans l'herbe, dans la grande voie,/de la maison du siècle elle tomba. " (Cerească atingere/Contact céleste) (Miclău, 1978 : 389). L'expression " în mare mătasă " (" dans la grande soie ") est traduite par " dans la grande voie ". Îl s'agit, peut-être, d'un manque d'attention de la
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de la campagne ". În iarbă înaltă în mare mătasă/căzu din a veacului casă. " " Dans l'herbe, dans la grande voie,/de la maison du siècle elle tomba. " (Cerească atingere/Contact céleste) (Miclău, 1978 : 389). L'expression " în mare mătasă " (" dans la grande soie ") est traduite par " dans la grande voie ". Îl s'agit, peut-être, d'un manque d'attention de la part du traducteur et/ou de la part des relecteurs/éditeurs. " să-și mântuie-n păduri trecutul mare " " pour sauver aux bois leur
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mătasă/căzu din a veacului casă. " " Dans l'herbe, dans la grande voie,/de la maison du siècle elle tomba. " (Cerească atingere/Contact céleste) (Miclău, 1978 : 389). L'expression " în mare mătasă " (" dans la grande soie ") est traduite par " dans la grande voie ". Îl s'agit, peut-être, d'un manque d'attention de la part du traducteur et/ou de la part des relecteurs/éditeurs. " să-și mântuie-n păduri trecutul mare " " pour sauver aux bois leur trésor ancien " (Dumbrava africană/Bois africain) (Miclău
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pressens-tu pas ?) (Veturia Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 69). Dans le texte source, " mai mare " est un adjectif (" plus grand "), et non un adverbe de manière, comme le considère la traductrice. " Înalt unicorn fără glas/s-a oprit spre asfințit să asculte. " " Une grande licorne muette/s'est arrêtée pour entendre le couchant. " (Septemvrie/Septembre) (Poncet, 1996 : 136). La version de Jean Poncet est construite sur un contresens : la licorne s'est arrêtée " vers l'ouest " (" spre asfințit ") pour écouter, et non pour " entendre
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de notre civilisation, et Saint-Pierre de Rome et leș gratte-ciel de New York reposent en pârtie sur elle. [...] Quiconque lit Jérôme lui-même voit aussitôt qu'il s'agit, dans le cas de la Vulgate, d'un grand livre, ou plutôt d'une grande littérature, traduite par un grand écrivain. Et que la Vulgate soit vraiment une œuvre de génie, c'est ce qui ressort des qualités mêmes que nous lui voyons : cette fermeté, cette grandeur, cette simplicité majestueuse du style et de l
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avec leș siens propres, tous leș trésors de la science et de l'art étrangers, comme dans un grand ensemble historique au centre et au cœur de l'Europe. Cela semble être, en effet, la véritable finalité historique de la traduction à grande échelle. " C'est nous qui soulignons. 36 V. Antoine Berman, L'épreuve de l'étranger. Culture et traduction dans l'Allemagne romantique, op. cît., p. 287 : " Car la traduction n'est pas une simple médiation : c'est un processus où
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Le discours de la traductologie en France (1970-210) : analyse et critique ", în Revue française de linguistique appliquée, vol. XIV, no. 1, 2009, p. 12 : " Une seconde évolution serait celle des disciplines institutionnelles traditionnelles vers une séparation moins stricte, entraînant une plus grande interdisciplinarité. La traduction devient alors la discipline transdisciplinaire par excellence littéraire, linguistique et culturelle -, et acquiert petit à petit un nouveau statut, encore très fragile, de discipline de recherche à part entière, distincte de chacune des disciplines qu'elle chevauche
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