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Pan) (Blaga, 2010 : 61) Trois gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres/ une à une/ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Villard, 2008 : 11) Des gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres:/ une,/ deux,/ trois./ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Miclău, 1978 : 199) Îl s'agit d'un fragment extrait du cycle dédié par Blaga au dieu Pan, qui fait pârtie du recueil Leș pas du prophète (1921). Dans le texte source, l'image créée par Blaga est
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pârtie du style traductif 1364 de Paul Villard.1365 1. 1. 2. 2. Ajout de graphèmes/vers Paul Miclău Cette technique de traduction apparaît là où le traducteur sent le besoin d'adapter le rythme typographique et l'intratypographique à son propre goût ou au rythme de la langue cible qui est, en l'occurrence, le français. La " multiplication des vers " correspond à un rééquilibrage ou redécoupage du poème d'origine : Arendaș al stelelor,/ străvechile zodii/ mi le-am pierdut. (Cuvântul din
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sentier des baisers d'hier. " Mais Paul Miclău décide d'opérer un changement sémantique et, en interprétant, de récréer la métaphore du poème source (leș cils ne șont plus le moyen de trouver ce sentier perdu, mais ils deviennent, dans son texte-traduction, le sentier même des baisers du passé). L'initiative du traducteur de créer une nouvelle figure en langue cible et de découper le vers afin d'accroître la poéticité du texte-traduction est, à notre sens, justifiée. Nous pouvons constater
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interpréter de façon erronée des idées, des mots ou des textes et, de l'autre côté, à l'action de transposer ou de refléter comme un miroir.1368 Paul Miclău interprète et recrée la métaphore du texte d'origine : dans son texte-traduction, l'analogie entre leș feuilles d'orme et leș formes sonores de l'angélus devient plus évidente. En plus, le traducteur opère une adaptation culturelle : le nom " toaca " du roumain, qui désigne, chez leș orthodoxes, une planche de bois
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nom " toaca " du roumain, qui désigne, chez leș orthodoxes, une planche de bois que l'on frappe avec de petits marteaux afin d'annoncer le commencement du service religieux 1369, est traduit par " angélus ", terme qui évoque, en français, le son de cloche qui annonce la prière chrétienne exécutée le matin.1370 Dans l'Avant-propos du traducteur (La transposition de la poésie de Lucian Blaga en français), Paul Miclău justifie ce choix traductif ; selon lui, îl faut traduire leș images et, pour
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sémantisme du poème en traduction. Paula Romanescu La traduction de Paula Romanescu est très différente de toutes leș autres traductions qui forment notre corpus, car elle est le fruit de l'interprétation permanente de la traductrice et de l'exercice de son don poétique. Par conséquent, cette traduction s'éloigne beaucoup du découpage original des poèmes. On a affaire, en effet, à la traduction la plus osée, la plus originale des poèmes de Blaga. En termes de découpage, îl suffit de comparer
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îl y avait une soif de péchés, de désirs, d'élans, de passions,/ une soif d'existence et de soleil. (La lumière) (Miclău, 1978 : 127) Nous avons marqué en gras dans la traduction de Paula Romanescu leș éléments qui montrent son travail interprétatif : on remarque de nombreuses unités de traduction 1372 qui n'existent pas dans le texte source, mais qui șont insérées dans le poème cible pour accroître să poéticité (" une vague ", " s'éclata ", " lourds péchés ", " d'un je ne
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baltă ?/ De ce am dorit alt zâmbet decât al pietrarului/ ce scapără scântei la margine de drum ? Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea) (Blaga, 2010 : 123) Pourquoi ai-je interprété zodiaque et saisons/ Autrement que la vieille qui fait rouir/ Son chanvre dans la mare ?/ Pourquoi ai-je désiré un autre sourire/ Que celui du tailleur de pierre/ Qui fait jaillir des étincelles/ Sur le bord du chemin ? (J'ai compris le péché qui ronge mă maison) (Loubière, 2003 : 55) Ô, pourquoi
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tailleur de pierre/ Qui fait jaillir des étincelles/ Sur le bord du chemin ? (J'ai compris le péché qui ronge mă maison) (Loubière, 2003 : 55) Ô, pourquoi ai-je déchiffré le temps et le zodiaque/ autrement que la vieille qui rouit son chanvre dans la mare ?/ Pourquoi ai-je désiré un sourire différent de celui du tailleur de pierre/ qui fait jaillir des étincelles au bord du chemin ? (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Pop-Curșeu, 2003 : 85) Nous observons
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traduction de Philippe Loubière sept vers, dont trois se retrouvent en retrăit (le troisième, le cinquième et le septième). Grace au nouveau découpage, Philippe Loubière offre une meilleure discursivité au poème, ce qui facilite să lecture en français. En effet, son texte-traduction ressemble plutôt à une poésie destinée à être chantée, voire même " cantilée ". Sensible au rythme du poème de départ, ce traducteur le met en valeur par de nouveaux découpages des vers. Voilà, à titre d'exemple, un passage qui
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des poèmes écrits en vers libres, îl arrive aux traducteurs de découper leș vers de manière différente que l'auteur. Le cas le plus fréquent est de séparer un syntagme dans șes parties constitutives, comme par exemple un nom de son complément : Înapoi niciun drum nu mai duce./ Îngenunchiez în vânt [...]. (Epilog). (Blaga, 2010 : 132) Îl n'existe plus de chemin/ de retour. Je m'agenouille dans le vent [...]. (Épilogue) (Miclău, 1978 : 309) L'enjambement créé introduit une pause, une sorte
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Îngenunchiez în vânt [...]. (Epilog). (Blaga, 2010 : 132) Îl n'existe plus de chemin/ de retour. Je m'agenouille dans le vent [...]. (Épilogue) (Miclău, 1978 : 309) L'enjambement créé introduit une pause, une sorte de suspens entre le nom " chemin " et son complément, " de retour ", contribuant par cela à accroître la poéticité du texte en français. Nous avons découvert que Paul Miclău préfère créer à maintes reprises des enjambements inédits : [...] și fără să-mi fi fost vreodată aproape/ te-am pierdut pentru
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employant le modalisateur " trop ", îl met l'accent sur la distance entre le moi lyrique et Dieu (l'adverbe " aproape " signifie en français " près " ou " proche "). De l'autre côté, le traducteur préfère créer un enjambement inédit, voire choquant, dans son texte-traduction. Par contre, îl conserve le choix de Blaga au niveau du microcontexte typographique, c'est-à-dire celui de ne pas insérer une virgule après l'adverbe " près ". Sanda Stolojan Un découpage original peut être adopté en traduction afin de recréer
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de ne pas insérer une virgule après l'adverbe " près ". Sanda Stolojan Un découpage original peut être adopté en traduction afin de recréer le jeu de la rime du poème d'origine. À cette occasion, Sanda Stolojan crée un enjambement dans son texte-traduction : Se revarsă în mine drumurile/ toate pe câri ai umblat./ Oglinda-ți mai păstrează chipul/ și după ce-ai plecat. (Elegie) (Blaga, 2010 : 147) En moi se déversent tous leș chemins/ que tu aș sillonnés et le miroir/ préserve
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une virgule, ou encore une mise en suspens de la suite logique du discours, quelque peu analogique aux points de suspension. Blaga préfère le plus souvent le tiret, et trop rarement leș points de suspension qui n'existent presque pas dans son œuvre poétique. L'emploi de ce signe de ponctuation est moins familier en français, dont leș règles précisent que leș tirets s'utilisent isolément ou par deux : encadrant un ou plusieurs mots, à la façon des parenthèses, leș tirets șont préférés
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au niveau graphique mais aussi auditif, le tiret est associable, en quelque sorte, à l'espace blanc, au non-dit, à l'implicite.1386 Une excellente analyse de la présence du tiret chez Blaga est l'œuvre d'Alexandra Indrieș, qui, dans son étude de stylistique, réalise une corrélation entre ce choix de ponctuation et la conception du philosophe et poète roumain sur le mystère. Dans la vision de cet auteur, le tiret devient le seuil du mystère, symbole du passage de la métaphore
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lyrique (le sentiment de l'absence et, respectivement, le désir d'embrasser l'être aimé). Le passage vers le domaine de la métaphore révélatrice est ainsi facilité. Lorsque le tiret instaure seulement une variation de tonalité, să fonction devient expressive et son usage peut être identique ou très proche à celui indiqué dans leș traités de ponctuation.1389 Un rôle incontestable revient au tiret dans la construction du rythme intérieur : s'il est placé dans leș premiers vers, îl crée une pause
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leș montagnes) (Miclău, 1978 : 327) Luna s-a coborât pe-o biblie și de pe file privește înapoi la chipul ei spre cer. (La mănăstire) (Blaga, 2010 : 75) La lune posée sur une bible et du livre grand ouvert elle observe son visage dans le ciel. (Au monastère) (Poncet, 1996 : 74) [...] el nu are chip și nu are nume poetul! (Poetul) (Blaga, 2010 : 233) [...] îl n'a plus de visage ni de nom le poète ! (Le poète) (Miclău, 1978 : 427) În spațiu
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21) Pour que Die ne se sente plus en moi une esclave dans une prison enchaîné. (Je veux danser !) (Miclău, 1978 : 131) L'épithète de Blaga est, pour la plupart des fois, une " épithète révélatrice ", tout comme șes métaphores. Par son sémantisme inédit, îl contribue à créer ou à accroître la poéticité du texte. Le choix de Blaga de séparer l'épithète du reste de la phrase par l'insertion du tiret ne fait que mettre davantage en valeur son caractère inédit
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métaphores. Par son sémantisme inédit, îl contribue à créer ou à accroître la poéticité du texte. Le choix de Blaga de séparer l'épithète du reste de la phrase par l'insertion du tiret ne fait que mettre davantage en valeur son caractère inédit, " révélateur ", en d'autres mots, la qualité de l'objet poétique. Azi am văzut din întâmplare cum slovele-au crescut din cale-afară uriașe. (Cresc amintirile) (Blaga, 2010 : 39) Aujourd'hui j'ai vu par hasard comment leș lettres
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joueras [...] ton feu étranglé [...] ? (Silence) (Miclău, 1978 : 149) Ființă tu găsi-voi cândva cuvenitul sunet de-argint, de foc, si ritul unei rostiri egale în veci arderii tale? (Ardere) (Blaga, 2010 : 248) Ô être pourrais-je jamais trouver le rite, le son incandescent, argenté d'une pure expression égale à ton éternelle combustion ? (Combustion) (Miclău, 1978 : 445) Și le tiret a une fonction créative lorsqu'il facilite la production des figures et une fonction expressive lorsqu'il marque un hiatus ou un
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445) Și le tiret a une fonction créative lorsqu'il facilite la production des figures et une fonction expressive lorsqu'il marque un hiatus ou un changement de tonalité, on ne peut pourtant pas trouver une explication unique pour justifier son emploi généralisé dans l'œuvre poétique de Blaga. On observe que, dans de nombreuses situations, le poète aurait pu le remplacer par des points de suspension ou par une simple virgule : pourtant, leș virgules manquent parfois là où un locuteur
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dans la langue et la culture cible est assez grand. Une traduction littérale ne fait qu'accroître l'hermétisme du poème. Une connaissance du folklore roumain et de la pensée philosophique de Blaga s'avère être nécessaire à la compréhension de son œuvre, même și on lit le texte dans la langue d'origine. * Une autre particularité stylistique de Blaga identifiée au niveau du microcontexte typographique et qui relève de la régie du texte poétique est la présence des " vers en miroir ", que
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leș plus anciennes de la poésie : la poésie de dialogue ou de querelle, où deux poètes-récitants alternent, en se lançant des couples qui se répondent [...]. Cette forme d'organisation poétique se retrouve dans leș civilisations leș plus diverses, indice peut-être de son universalité.1402 Chez Blaga, on identifie plutôt le parallélisme local, lexical et grammatical 1403, qui crée des anaphores. Selon Henry Suhamy, l'anaphore éprouve le besoin des poètes de " retrouver un certain formalisme magique et primitif " : L'anaphore, qui consiste
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autour de nous papillonne, Comme une odeur hésitante d'herbe coupée, Comme, tombant des toits de chaume, une fumée, Comme une ronde de chevrettes sur des tombes. (L'âme du village) (Loubière, 2003 : 41) Le poète place au centre de son discours une métaphore, l'" âme du village ". Cette figure est construite à l'aide d'un système de trois comparaisons qui s'ajoutent successivement et se complètent, empruntant au texte une tonalité de litanie. En effet, l'odeur hésitante d
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