3,694 matches
-
pâraie se cer în adânc "), ne semble pas poser problème aux traducteurs, qui font appel presque tous à une traduction littérale. Philippe Loubière est le seul à avoir interprété la figure de Blaga et à avoir créé une métaphore dans son texte-traduction : l'image " leș ruisseaux ont soif d'abîme " est infiniment plus poétique que toute traduction littérale du vers de départ. Ce fragment déploie donc le style poétique de Blaga à plusieurs niveaux : typographique, prosodique, phonique, métaphorique. Ladislas Gáldi le
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
une prosodie régulière. Le lecteur peut découvrir parfois dans ces poèmes de maturité des échos folkloriques.1504 Ces deux étapes de la création de Blaga ne șont pas contradictoires ; elles se complètent et contribuent, par cela, à révéler leș manifestations de son style poétique. Ladislas Gáldi parle d'un équilibre, d'une osmose entre leș " expériences du verslibriste " et leș formes traditionnelles qui s'entremêlent, dans des proportions différentes, pendant chaque période de production artistique : L'art blagien naît toujours d'une
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de production artistique : L'art blagien naît toujours d'une sorte d'osmose : pendant să période de verslibriste, Blaga dotait șes rythmes " brisés " de l'allure ferme et souvent même majestueuse de certains fragments puisés dans la métrique classique ; pendant son " retour " aux formes traditionnelles, le poète manifeste le goût du modernisme par leș nouvelles fonctions dont îl sait revêtir un octosyllabe ïambique ou un décasyllabe anapestique. Leș expériences du verslibriste de jadis ont survécu à la reprise des formes traditionnelles
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
comme un artifice ou un phénomène isolé de șa poétique, mais elle doit être intégrée à la vision esthétique et au style littéraire du poète. L'étude de Ladislas Gáldi est loin d'être un inventaire des techniques prosodiques 1506 ; son but est d'établir un rapport entre leș choix de versification et le message de la création poétique de Blaga : Îl ne s'agit point de faits accessoires, d'un aspect secondaire de l'art, mais de quelque chose d'inhérent
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
versification et le message de la création poétique de Blaga : Îl ne s'agit point de faits accessoires, d'un aspect secondaire de l'art, mais de quelque chose d'inhérent à l'art blagien, d'une manifestation indissolublement liée à son message. C'est pourquoi derrière leș formes nous avons toujours cherché des états d'âme, des moments d'orientation spirituelle qui, dans leur ensemble, laissent entrevoir l'évolution d'un homme : avec toutes șes faiblesses et șes contradictions, un " moi
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
abstrait.1507 En d'autres mots, la prosodie de Blaga, caractérisée par le vers apparemment libre et, dans la seconde moitié de șa vie, par la rigueur classique et l'influence des rythmes folkloriques, est l'une des manifestations de son art poétique. * Nous procédons maintenant à l'analyse des traductions qui constituent notre corpus, afin de voir dans quelle mesure leș traducteurs șont restés fidèles à la prosodie des poèmes de départ et quels șont le compromis qu'ils ont
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
le message. Pour ce faire, îl convient d'exprimer premièrement notre vision sur leș stratégies qui devraient être adoptés pour la traduction de la prosodie de Blaga, sans oublier que la présence du rythme et de la rime constituent des manifestations de son style littéraire et de son esthétique. Nous avons remarqué que la poésie de Blaga, construite sur des vers apparemment libres, se soumet en réalité à des règles prosodiques précises : la forme et le fond constituent un tout qu'il importe
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
îl convient d'exprimer premièrement notre vision sur leș stratégies qui devraient être adoptés pour la traduction de la prosodie de Blaga, sans oublier que la présence du rythme et de la rime constituent des manifestations de son style littéraire et de son esthétique. Nous avons remarqué que la poésie de Blaga, construite sur des vers apparemment libres, se soumet en réalité à des règles prosodiques précises : la forme et le fond constituent un tout qu'il importe de respecter, mais sans forcer
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
Cuvântul din urmă) (Blaga, 2010 : 129) Nulle part la terre ne m'a appelé. Maudit j'ai été. (La dernière parole) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 167) Leș solutions trouvées par la traductrice pour recréer la rime șont souvent forcées, de sorte que son texte apparaisse comme bizarre, déformé, voire même dépourvu de poéticité : Ei tac că roua. Că sămânță. Că un dor. Că apele ei tac, ce umblă sub ogor și-apoi sub cântecul privighetorilor, izvor se fac în rariște, izvor sonor. (Poeții
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
2010 : 86) Prêt à bouillir, le sable s'exacerbe. Été, soleil, de l'herbe ! (I. Pan à la nymphe) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 111) L'emploi du néologisme " s'exacerber " s'explique par l'ambition de la traductrice de préserver la rime dans son texte-traduction. Îl faut remarquer également l'interprétation de la phrase " Nisipuri prind să fiarbă. " (littéralement : Le sable se met à bouillir. "), interprétation opérée pour des raisons prosodiques. A treia zi și-a-nchis cosciugul ochilor de foc. Era acoperit cu promoroaca
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
promoroaca și-amurgul cobora din sunetul de toaca. Neispravit rămase fluierul de șoc. (Paianjenul) (Blaga, 2010 : 90) Le troisième jour, le cercueil de șes yeux de feu se trouva fermé. Pan était recouvert de frimas et le couchant descendait au son de l'angélus, pas à pas. La flûte de sureau resta inachevée. (L'araignée) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 119) Le texte source présente une rime embrassée.1510 Pour garder le jeu des sonorités en langue cible, la traductrice introduit dans le texte
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
le jeu des sonorités en langue cible, la traductrice introduit dans le texte d'arrivée une unité de traduction supplémentaire, à savoir " pas à pas ". On remarque aussi une adaptation culturelle : le syntagme " sunetul de toaca " est traduit par le " son de l'angélus ". Par contre, la métaphore filée " și-a-nchis cosciugul ochilor de foc " est rendue littéralement (" le cercueil de șes yeux de feu se trouva fermé "). Binecuvânt pâinea și luna. Ziua trăiesc împrăștiat cu furtună. (Biografie) (Blaga, 2010
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
l'épithète très inédite " esseulé " comme équivalent du syntagme " singur pe lume " (" seul au monde ") est un choix inspiré par lequel la traductrice non seulement recrée la rime dans la langue cible, mais augmente aussi le degré de poéticité de son texte-traduction. [...] un veac pădureț, popoare de frunze și-un murmur de neam cântăreț. (Mirabila sămânță) (Blaga, 2010 : 503) [...] un siècle où leș forêts ont régné et des peuples de feuilles et le murmure d'une gent qui toujours a chanté
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
simple parenté de la langue source et de la langue cible : " trist "/" Christ " (" triste "/" Christ ")1511, " rest "/" vest " (" reste "/" ouest ").1512 Même și, dans la plupart des cas, la traductrice essaie de trouver une rime en langue cible, nous pouvons affirmer que son effort n'est pas constant et que cette décision ne s'inscrit pas dans son style traductif. Pour montrer notre propos, îl suffit d'analyser la traduction du poème Pasărea sfântă (L'oiseau sacré) et de la comparer à la variante
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
vest " (" reste "/" ouest ").1512 Même și, dans la plupart des cas, la traductrice essaie de trouver une rime en langue cible, nous pouvons affirmer que son effort n'est pas constant et que cette décision ne s'inscrit pas dans son style traductif. Pour montrer notre propos, îl suffit d'analyser la traduction du poème Pasărea sfântă (L'oiseau sacré) et de la comparer à la variante proposée par Paul Miclău : Pasărea sfântă L'oiseau sacré L'oiseau saint În vântul de
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
encensoir pour que tu sentes comme une étole. (Encens et neige) (Miclău, 1978 : 231) La rime n'est pas préservée en traduction. On remarque également l'omission du syntagme " fir de fir " (littéralement : " cheveu à cheveu "). Par contre, grace à son travail interprétatif, le traducteur crée une métaphore inédite en français, traduisant " cădelnița " par " l'auréole d'un encensoir ". Nous avons qualifié leș situations ci-dessus comme des cas isolés parce que, le plus souvent, Paul Miclău préserve leș rimes dans son
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
son travail interprétatif, le traducteur crée une métaphore inédite en français, traduisant " cădelnița " par " l'auréole d'un encensoir ". Nous avons qualifié leș situations ci-dessus comme des cas isolés parce que, le plus souvent, Paul Miclău préserve leș rimes dans son texte-traduction, même și elles șont parfois " cachées " dans l'architecture du texte, comme dans le cas des poèmes des premiers recueils de Blaga: Nici o cărare nu mai e lungă, nici o chemare nu mă alunga. Un om s-apleacă peste margine
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
traducteur à recréer la rime dans șont texte-traduction.1517 Parfois, le jeu des rimes est préservé à l'aide de petits artifices, comme l'ajout d'unités sémantiques supplémentaires. De cette manière, Miclău réussit à créer des rimes inattendues dans son texte-traduction : Nimicul își încoardă struna. [...] doar salamandrele pestrițe vin și câteodată : Luna. (IV. Pan cântă) (Blaga, 2010 : 89) Le néant tend șes cordes. [...] seules leș salamandres y trottent et parfois s'y déclenche La lune blanche. (IV. La flûte de
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
seules leș salamandres y trottent et parfois s'y déclenche La lune blanche. (IV. La flûte de Pan) (Miclău, 1978 : 243) Le traducteur recourt, dans ce cas, à un double artifice : d'un côté, îl ajoute l'épithète " blanche " à son texte-traduction, afin qu'il rime avec " déclenche " ; de l'autre côté, îl opère une compensation : dans să version, c'est l'avant-dernier et le dernier vers qui se répondent, à la différence du texte source, où le jeu des rimes
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
du texte source afin de recréer la rime. Să traduction du vers " Printre ziduri ceasul umbrelor mă-ncearcă. " (littéralement : " Parmi leș murs l'heure des ombres me tente. ") par " L'heure des ombres m'entoure dans șes méandres. ", résultat de son travail interprétatif, est tout à fait poétique. Ci arătările și toată creatură cu zvonul morții el dorea să le împace, sărutându-le cu gura. (Întâia dumineca) (Blaga, 2010 : 298) Car l'existant et toute la créature avec l'écho de la
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
mort îl voulait leș consoler, en leș embrassant de șa bouche pure. (Le premier dimanche) (Miclău, 1978 : 455) Afin de garder la rime du texte source, le traducteur ajoute une unité sémantique supplémentaire : la bouche de Dieu devient " pure " dans son texte-traduction. À remarquer aussi l'interprétation du nom " arătările " (littéralement : " leș visions ", " leș apparences "), traduit génériquement par " l'existant ". Pe vetre și în càpiște s-ațâță jăratecul. S-aprinde ambra pentru zei, si mirtul, sălbaticul. (Supremă ardere) (Blaga, 2010 : 314
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
negru stă în picioare și-și numără anii învins. Taci, ca sfanțul de piatră aureola în noapte și-a stins. (Blaga, 2010 : 142) Vaincue une tour noire reste debout et compte șes années. Tais-toi, car la sainte statue a éteint son auréole dorée. (Miclău, 1978 : 351) Vaincue une tour noire est restée debout et compte șes années. Tais-toi, car le saint de pierre dans la nuit a éteint son auréole. (Poncet, 1996 : 124) Le lecteur peut observer que la différence la
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
debout et compte șes années. Tais-toi, car la sainte statue a éteint son auréole dorée. (Miclău, 1978 : 351) Vaincue une tour noire est restée debout et compte șes années. Tais-toi, car le saint de pierre dans la nuit a éteint son auréole. (Poncet, 1996 : 124) Le lecteur peut observer que la différence la plus évidente entre leș deux styles traductifs réside dans la recréation de la rime avec leș moyens de la langue cible dans la première version. Paul Miclău, fidèle à să
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
plus évidente entre leș deux styles traductifs réside dans la recréation de la rime avec leș moyens de la langue cible dans la première version. Paul Miclău, fidèle à să décision traductive, garde leș rimes d'un bouț à l'autre de son texte-traduction, en employant parfois des termes inédits comme " allant " ou en ajoutant des unités sémantiques, comme l'épithète " dorée ". Par contre, Jean Poncet ne considère pas nécessaire de reconstruire la rime dans son texte-traduction (la rime de la première strophe est
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
d'un bouț à l'autre de son texte-traduction, en employant parfois des termes inédits comme " allant " ou en ajoutant des unités sémantiques, comme l'épithète " dorée ". Par contre, Jean Poncet ne considère pas nécessaire de reconstruire la rime dans son texte-traduction (la rime de la première strophe est accidentelle). Dans son effort de préserver la rime, Paul Miclău arrive parfois à des solutions intéressantes, fruit de son interprétation du texte de départ. En voici quelques exemples : Ce-a rămas din lucruri
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]