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employant parfois des termes inédits comme " allant " ou en ajoutant des unités sémantiques, comme l'épithète " dorée ". Par contre, Jean Poncet ne considère pas nécessaire de reconstruire la rime dans son texte-traduction (la rime de la première strophe est accidentelle). Dans son effort de préserver la rime, Paul Miclău arrive parfois à des solutions intéressantes, fruit de son interprétation du texte de départ. En voici quelques exemples : Ce-a rămas din lucruri ? Numai întuneric și semnale. Turnuri nu-s, nici catedrale. Calea
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
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dorée ". Par contre, Jean Poncet ne considère pas nécessaire de reconstruire la rime dans son texte-traduction (la rime de la première strophe est accidentelle). Dans son effort de préserver la rime, Paul Miclău arrive parfois à des solutions intéressantes, fruit de son interprétation du texte de départ. En voici quelques exemples : Ce-a rămas din lucruri ? Numai întuneric și semnale. Turnuri nu-s, nici catedrale. Calea Laptelui e-n vale. Calea Laptelui e-n vale mai aproape decât ieri, când era deasupra
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la phrase " Calea laptelui e-n vale " (littéralement : " La Voie Lactée est dans la vallée ") par la négation équivalente du point de vue sémantique : " La Voie Lactée n'est plus là-haut, mais dans la vallée ". Ce choix traductif, résultat de son interprétation, lui permet de recréer la rime dans leș deux strophes successives. À remarquer également que l'unité de traduction " dans leș sphères " est ajoutée par le traducteur, ne se retrouvant pas dans le texte de départ. Coboară-n lut
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voire plus poétique que le texte de départ. Ce-am uitat, aprindem iară. Sub vesminte ne ghicim. Căutăm în primăvara un tărâm ce-l bănuim. (Focuri de primăvară) (Blaga, 2010 : 393) (abab) On rallume l'oubli d'antan. On devine son propre corps. Et l'on cherche dans le printemps un univers qui va éclore. (Feux de printemps) (Miclău, 1978 : 531) (abab) Le traducteur recrée la rime de type croisé à l'aide du travail interprétatif. Le syntagme " un tărâm ce
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croisé à l'aide du travail interprétatif. Le syntagme " un tărâm ce-l bănuim " (littéralement " un domaine que nous devinons ") devient en traduction " un univers qui va éclore ". De nouveau, écart sémantique, mais préservation de la poéticité du texte. Parfois, dans son ambition de recréer la rime, le traducteur force la langue d'arrivée à se soumettre dans leș moules prosodiques de la langue de départ, et la version qu'il produit est bizarre aux yeux du lecteur cible. On peut comparer la
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La traduction de Paul Miclău illustre ce que l'on peut appeler " sacrifier en traduction le contenu pour la forme " : afin de garder la rime embrassée du texte source, le traducteur découpe le syntagme " mă manche " en deux vers différents. Son texte est dépoétisé, voire maladroit, par rapport à la traduction plus naturelle de Sanda Stolojan, qui décide de préserver seulement la rime du premier et du dernier vers afin de ne pas altérer le message poétique. Globalement, l'effort de
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Miclău ait réussi cette victoire. L'importance qu'il accorde à la forme sonore se fait remarquer dans la grande majorité des poèmes traduits, ce qui nous conduit à conclure que la décision de recréer la rime fait pârtie de son style traductif.1521 * En ce qui concerne la transposition du rythme dans la langue cible, nous avons observé une recherche d'ordre mélodique chez Paul Miclău : comme îl est soucieux de la rime, îl essaie également de trouver, si possible, un
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y ajoute une note plus pathétique. L'analyse de la traduction de Paul Miclău nous autorise à conclure que le traducteur est très attaché à la forme sonore des poèmes : la fidélité à la prosodie source fait pârtie, par conséquent, de son style traductif. Sanda Stolojan Sanda Stolojan ne se propose pas de rendre de manière fidèle la prosodie des poèmes de départ : dans le cas de quelques poèmes à vers apparemment libre ou à prosodie fixe, îl n'y a aucune
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on observe que, paradoxalement, après avoir recréé la rime dans leș trois premières strophes du poème, elle abandonne să démarche dans la dernière strophe. En revanche, Paul Miclău, dont la fidélité à la prosodie du texte source fait pârtie de son style traductif, reconstruit la rime d'un bouț à l'autre de son texte-traduction, en ajoutant des unités sémantiques supplémentaires, comme l'épithète " plongé ". Au niveau du lexique employé on remarque, par contre, un plus haut degré de poéticité dans
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strophes du poème, elle abandonne să démarche dans la dernière strophe. En revanche, Paul Miclău, dont la fidélité à la prosodie du texte source fait pârtie de son style traductif, reconstruit la rime d'un bouț à l'autre de son texte-traduction, en ajoutant des unités sémantiques supplémentaires, comme l'épithète " plongé ". Au niveau du lexique employé on remarque, par contre, un plus haut degré de poéticité dans la traduction de Sanda Stolojan : la traductrice emploie des termes comme " s'inciter
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sonorités ne soit pas l'intention du traducteur, car îl est inhérent à la traduction littérale des vers source. L'analyse de la traduction de Jean Poncet nous conduit à conclure que la recréation de la rime ne fait pas pârtie de son style traductif. Collectif de traducteurs Poeme alese : Comme îl s'agit d'une anthologie de poèmes qui recueille leș versions en français de plusieurs traducteurs, îl est hors question de parler dans ce cas d'un style traductif. Nous avons
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totale de recherche prosodique dans la traduction de quelques poèmes à prosodie fixe réalisée par Alain Caumette.1528 Paula Romanescu Nous avons observé que Paula Romanescu essaie de garder leș rimes des poèmes à prosodie fixe à l'aide de son travail d'interprétation et de recréation. À titre d'exemple, nous mettons en parallèle să traduction du poème Alean et la version que donne Paul Miclău au même poème : Alean 1529 Nostalgie Doux chagrin De ceasuri, de zile veghez pe-
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la version de Paul Villard. 2. 2. Effets phoniques : allitérations, assonances Notre but ici n'est pas d'élaborer un inventaire des effets phoniques de la poésie de Blaga, premièrement parce qu'ils ne constituent pas forcément un trăit définitoire de son style. On ne peut pas parler chez lui d'une poésie phonique, qui joue essentiellement sur le sens des sons1532, mais plutôt d'effets sonores isolés, porteurs de signifiance, qui șont inhérents à toute forme poétique. Nous nous proposons d
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est contenu par leș vers suivants : Străin zâmbind, vrăjit suind / în mijlocul ei mă-mplinesc cu mirare. (Biografie) (Blaga, 2010 : 135) Surpris je m'y réalise/ souriant étrangement dans mon ascension. (Biographie) (Miclău, 1978 : 313) Souriant étranger, remontant charmé,/ émerveillé, en son milieu je me réalise fécond. (Biographie) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 175) L'étranger au sourire qui monte ensorcelé,/ cet étranger que je suiș,/ achève l'étonnement d'être au centre du monde. (Biographie) (Ierunca, 1975 : 3) Étranger souriant, ensorcelé m'élevant/ en
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que sur la forme du désir. Ô chemin, eau, nuée, désir, que serais-je quand je reviendrai à la source, remontant la vallée ? (La chanson de la source) (Miclău, 1978 : 475) Le poème d'origine présente l'assonance de la voyelle [o]. Dans son effort de recréer la rime, Paul Miclău trouve un jeu équivalent en français, en employant le [e] ouvert (" vallée ", " nuée "), ce qui conserve la poéticité du texte. Analysant la traduction de quelques effets phoniques des poèmes de Blaga, nous pouvons
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plus évident le paradoxe de la situation. Jean Poncet traduit la réplique de la bien-aimée en style indirect, évitant leș guillemets et employant le verbe " manquer ", qui illustre le sens d'origine dans la langue d'arrivée. Quant à Paula Romanescu, dans son désir de rester fidèle à l'étrangeté du poème, elle choisit de garder țel quel le terme " dor ", l'explicitant, dès le titre du poème, dans une note de baș de page : " Moț intraduisible qui exprime le chagrin, la joie
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de la philosophie de Blaga est l'existence du mystère, un mystère qui doit être augmenté à travers l'acte créateur. Pourtant, le terme " mister " (" mystère ") est rarement évoqué en tânt que țel dans leș poèmes.1546 Le moț qui, par son sémantisme, suggère dans leș poèmes l'idée de " mystère " est " taină " : Țărâna e plină de zumzetul tainelor [...]. (Din cer a venit un cântec de lebădă) (Blaga, 2010 : 115) La terre est pleine du bourdonnement des mystères [...]. (Du ciel parvint un
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par " mystère ". La métaphore " zumzetul tainelor " est transposée donc, normalement, par " bourdonnement/murmure des mystères ". Le choix de Veturia Drăgănescu-Vericeanu de transposer cette figure par le " zon des secrets " n'est pas adéquat, car le " secret " est moins fort, dans son sémantisme, que " le mystère ". En plus, le nom " zon " n'existe pas en français. Une solution inédite de recréation de la figure est proposée par Paul Villard, qui traduit la métaphore source par " la rumeur des arcanes ". Pour aider le lecteur
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s-a dus ? " " le secret vécu, où s'en est-il allé ? " (Încheiere/ Final) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 191). Le même choix est retrouvé chez Virgil Ierunca : " où est-il le secret vécu ? " (Încheiere/Conclusion) (Ierunca, 1975 : 8). Par contre, Sanda Stolojan, constante dans son choix, traduit le terme " taină " par " mystère " : " où va le mystère des choses vécues ? " (Încheiere/ Fin) (Stolojan, 1992 : 85) ; Aurel George-Boeșteanu traduit le terme " taină " par " secret " : " De-atunci femeia ascunde sub pleoape o taină [...]. " " Depuis, la femme cache sous
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marea trecere, constitue une véritable difficulté de traduction. Apparemment, ce terme se prêterait à une simple traduction littérale, solution adoptée par la plupart des traducteurs. Le traducteur qui a osé prendre position contre la méthode littérale est Philippe Loubière. Dans son " Avant-propos concernant le titre et la traduction de "trecere" " qui ouvre le recueil În marea trecere/Au fil du grand parcours, on peut lire : Nous n'avons pas retenu l'apparente facilité de Dans le grand passage pour traduire În
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nous avons mis en italique dans la traduction le terme que nous avons retenu pour le traduire.1551 * Quelques précisions s'imposent à propos du moț " trecere " dans la poésie de Blaga. Le syntagme " în marea trecere " fait pârtie de son univers poétique, et non de la langue roumaine littéraire ou commune : tout exégète de l'œuvre de cet auteur connaît de quel type de " passage " îl s'agit. Le lecteur qui découvre la poésie de Blaga se rendra compte, lui aussi
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est proche de l'explicitation et n'est pas absolument nécessaire au lecteur français, parce qu'elle dissipe, en quelque sorte, le mystère qu'aurait offert une version littérale du titre. Paul Miclău, qui opte pour une traduction mot-à-mot, justifie son choix dans l'avant-propos du recueil Poemele luminii/Leș poèmes de la lumière : " Ainsi În marea trecere se traduit normalement par Dans le grand passage et leș pièces du recueil explicitent le sens, sans qu'il soit nécessaire de chercher d
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laquelle Tu mesures notre désagrégation. (Exergue) (Loubière, 2003 : 13) Leș termes clé de cet exergue șont " trecerea " et " destrămarea ", interprétés différemment par leș traducteurs. Paul Miclău, tout comme Ștefana et Ioan Pop-Curșeu, optent pour la traduction littérale ; Paula Romanescu, par son interprétation, s'éloigne du sens fondamental de " trecere " comme " grande traversée ", tandis que Philippe Loubière reprend dans la traduction de l'exergue le moț " fil " qu'il a employé pour traduire le titre du recueil. La traduction littérale du nom
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recueils traduits par Paul Miclău (Dans le grand passage)1554 et par Ștefana et Ioan Pop-Curșeu (Le Grand Passage). La version de Sanda Stolojan, " la grande traversée ", garde entièrement le sémantisme source, tout comme la poéticité du texte-traduction. Fidèle à son choix, Philippe Loubière traduit ce syntagme-clé de la poétique de Blaga par le " grand parcours ". Quant à Paula Romanescu, elle crée un contresens, traduisant le " passage " par " le départ " (un départ peut-être vers l'au-delà, ce qui mène à un sens
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est traduit par " foyer " : " sunt fratele obosit/[...] al fumului căzut din vatra. " " je suiș le frère fatigué/[...] de la fumée tombant du foyer. " (Fum căzut/Fumée basse) (Miclău, 1978 : 319). Le prototype du village présenté par Blaga dans șes poèmes est son village natal, Lancrăm, que le poète désigne comme un " sat de lacrimi fără leac " : " village de larmes souffrant " (9 mai 1895/ Le 9 mai 1895) (Miclău, 1978 : 423) ; " village de larmes inconsolées " (9 mai 1895) (Stolojan, 1992 : 107) ; Ô, mon
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