10,100 matches
-
le cas des œuvres littéraires, le niveau formel du discours poétique n'est pas un pur artifice, mais îl est porteur de multiples significations et doit faire l'objet d'une analyse préliminaire. Le texte poétique est construit, en effet, sur un équilibre entre le signifiant et le signifié, équilibre illustré, dans la vision d'Abraham Moles, par la comparaison du poète à un librettiste qui s'efforce de placer leș syllabes évocatrices et leș mots-clés " aux points de la mélodie où
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
a pas une seule signification attachée au poème, mais de multiples chemins interprétatifs possibles. Le discours poétique est caractérisé par Genette en opposition avec le discours de la prose, qu'il qualifie de polymorphe : Și l'on se souvient des formules sur l'essentielle traductibilité du texte de prose, on voit se dessiner une opposition parfaitement symétrique entre la polysémie du poème et la polymorphie de la prose. Le propre de la prose est de toujours tolérer plusieurs formes pour un seul sens ; celui
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
sens.408 Cet équilibre sémantique et formel donne, dans la terminologie de Riffaterre, la signifiance du poème, concept-clé dont nous nous servirons tout au long de notre étude. À ce titre, îl convient de rappeler la conception de Michael Riffaterre sur la signifiance, conception que nous partageons : " [...] le trăit qui caractérise le poème, c'est son unité ; unité à la fois formelle et sémantique. [...] Cette unité formelle et sémantique, qui contient tous leș indices d'obliquité, je l'appellerai dorénavant la
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
l'unité de signifiance. "410 En d'autres mots, la signifiance constitue " la capacité qu'a le signe d'entrer en combinaison avec d'autres signes "411. Pour Henri Meschonnic, le concept de signifiance est directement lié à să vision sur le rythme.412 Surtout dans le cas du discours poétique, la signifiance du texte est inséparable de son intentionnalité : à travers le message transmis, le texte s'adresse à un certain public et remplit une certaine fonction dans la culture
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
concerne surtout le discours de la poésie moderne est que celui-ci est indépendant de șes récepteurs et peut exister même en leur absence. Dans să Structure de la poésie moderne, Hugo Friedrich considère que, avec l'avènement de la modernité, " la poésie repose [...] sur une production intentionnellement fondée sur le hasard "414 et qu'elle " parle au désert, dans le désert plus volontiers qu'à nous-mêmes "415. La signification du discours poétique est niée, puisqu'il est proclamé le fruit de l'absurde, du
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
poésie moderne est que celui-ci est indépendant de șes récepteurs et peut exister même en leur absence. Dans să Structure de la poésie moderne, Hugo Friedrich considère que, avec l'avènement de la modernité, " la poésie repose [...] sur une production intentionnellement fondée sur le hasard "414 et qu'elle " parle au désert, dans le désert plus volontiers qu'à nous-mêmes "415. La signification du discours poétique est niée, puisqu'il est proclamé le fruit de l'absurde, du hasard, du manque de logique
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
la source abyssale inaccessible de l'inspiration, mais le silence poétique est un haut degré de silence ; c'est lui qui nous délivre de l'opacité des signes et des pesanteurs de la langue ", avoue Michel Camus.416 Une deuxième hypothèse sur l'intentionnalité du discours poétique, soutenue, comme nous avons déjà remarqué, par Jakobson et leș formalistes russes, est que le discours poétique est le résultat d'une organisation ordonnée du langage et non pas le résultat du hasard. Îl s
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
du langage et non pas le résultat du hasard. Îl s'adresse à un public élu, leș lecteurs de poésie, et n'a d'autre objet que soi-même. Avec la poésie moderne, le langage semble s'organiser comme une réflexion sur să propre existence. L'émetteur du message poétique s'efface et le discours devient méta-discours.417 Comme elle renvoie à soi-même, l'écriture poétique fait l'objet d'un déchiffrage particulier effectué par son récepteur une sorte de " lecteur idéal
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
est de l'antiprose. Sous cet aspect, elle apparaît comme totalement négative, comme une forme de pathologie du langage. Mais cette première phase en implique une seconde, positive celle-là. La poésie ne détruit le langage ordinaire que pour le reconstruire sur un plan supérieur.436 Pour la sémiotique aussi, la notion d'écart acquiert une valeur positive : Greimas admet que le discours poétique est " un écart, ou plutôt un ensemble d'écarts systématisables ", mais qui șont " capables de former une normalité
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
essai de définition de la poésie, à partir de la théorie de Charles S. Stevenson. 1. 3. 1. De Mallarmé à Valéry. Brève histoire critique du discours poétique Notre analyse du discours poétique ne saurait pas se passer d'une brève réflexion sur le concept d'écriture poétique. Comme nous l'avons déjà remarqué, leș poètes ont été leș premiers à observer que le langage poétique ne parle que de soi-même ou, en d'autres mots, que la parole poétique est autotélique, dans
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
poésie, l'unique langage qui puisse évoquer un état d'âme.457 Mais peut-être să contribution la plus importante est la distinction qu'il a opérée entre le langage prosaïque et le langage de la poésie, qui anticipe leș théories modernes sur le double état de la parole : La spéculation linguistique de Mallarmé aboutit [...] à une véritable scission du langage en ce qu'il appelle " le double état de la parole, brut ou immédiat ici (c'est le langage courant), là essentiel " : c'est
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
leș représentants du Groupe μ, " à résorber la rhétorique dans la poétique "463. La différence poésie-prose est équivalente, selon leș mêmes théoriciens, à la différence entre ces deux disciplines. Dans son texte " Questions de poésie ", Valéry anticipe la théorie portant sur la dualité du signe poétique, composé d'un signifiant sonore et visuel et d'un contenu sémantique : " On trăite un poème comme s'il fût divisible (et qu'il dût l'être) en un discours de prose qui se suffise
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
discours déraisonné : Valéry parle de la " comédie intellectuelle " qui constitue le cœur même du poème et caractérise le vers comme " un équilibre merveilleux et instable entre leș forces sensibles et leș forces intellectuelles de la langue "469. Cette vision idéalisante de Valéry sur le discours poétique implique le concept de " poésie pure ", indissociable de tout art poétique : " La conception de la poésie pure est celle d'un type inaccessible, d'une limite idéale des désirs, des efforts et des puissances d'un poète... "470
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
littérature. Nous oserons même l'appeler " genre englobant ", car îl fait parfois référence à des situations qui ne relèvent pas du littéraire : " [...] le lyrique relèverait d'une catégorie plus large que celle des "genres littéraires", puisqu'il se définit généralement sur un rapport global à la représentation du monde, à l'énonciation ou encore à la cohésion du discours "473. Pour bien établir leș paramètres du genre discursif dont nous parlons, îl convient de préciser que nous nous occupons dans cette
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
qui, elle, n'est pas nécessairement lyrique.474 Pour souligner la spécificité de la poésie lyrique par rapport aux autres genres poétiques, Jakobson précise que la fonction émotive acquiert le rôle principal dans ce type de discours : " [...] la poésie épique, centrée sur la troisième personne, met fortement à contribution la fonction référentielle ; la poésie lyrique, orientée vers la première personne, est intimement liée à la fonction émotive ; la poésie de la seconde personne est marquée par la fonction conative "475. La présence de
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
a fini par s'imposer comme une évidence : de sorte que leș critiques, leș rhétoriciens et leș poéticiens eux-mêmes ont intériorisé la " distance " entre la poésie et le récit, désormais perçus comme incompatibles. Un des présupposés essentiels [...] du discours critique sur la poésie est que celle-ci se différencie du récit par să nature. [...] L'exclusion du narratif, d'abord posée comme une exigence propre à quelques poètes, est devenue pârtie intégrante du paysage poétique contemporain : c'est bien à un véritable
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
narratif, d'abord posée comme une exigence propre à quelques poètes, est devenue pârtie intégrante du paysage poétique contemporain : c'est bien à un véritable système de genres que conduit le refus du récit en poésie.481 Leș incessantes questions sur la différence entre poésie et prose (ou " récit ", comme l'appelle Combe) șont radicalement abolies par Jean Cohen, pour qui la parole poétique est la forme la plus avancée de l'expression humaine : " La poésie n'est pas autre chose
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
et résurrection du langage. "482 Comme nous l'avons observé, le discours de la poésie, proclamé comme plus subtile que celui de la prose, exige de la part du lecteur et, implicitement, du traducteur, une compétence particulière de déchiffrement, car îl joue beaucoup sur la figuralité. Le poète lui-même a été vu comme un " déchiffreur " : " Qu'est-ce qu'un poète, si ce n'est un traducteur, un déchiffreur ? Cette faculté, ce don de traduction, le poète leș doit à son imagination. "483 Le caractère
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
prophétique et religieux, à toutes leș formes de voyance. "491 Ainsi, l'écriture poétique devient-elle la force latențe du langage courant, qui attend être réveillée, une fois șes ressources secrètes découvertes.492 Comme elle engage l'être à une réflexion sur leș ressources secrètes de la langue, la poésie partage avec la philosophie une " commune inquiétude du langage "493. La poésie, dans la vision de Michel Camus, dépasse la visée du discours commun par la problématique de nature philosophique qu'elle propose
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de transcendance " ou proclamer, a priori, son statut " intouchable " nous semble constituer cependant une approche trop idéaliste pour l'analyse du discours de la poésie du point de vue de la traduction en langue cible. Nous préférons mettre l'accent, par contre, sur l'essence subjective de la poésie : à tous leș moments, c'est l'identité du poète qui est mise en jeu, une entité analogue, dirions-nous, à l'instance narrative dans le récit.499 En effet, le concept de " poésie ", qui désigne
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
dans le récit.499 En effet, le concept de " poésie ", qui désigne, par définition, un discours de type affectif/pathétique, " la forme suprême du langage émotionnel "500, semble s'être imposé à l'époque romantique, avec leș témoignages des poètes sur la valeur de la parole poétique.501 Du point de vue de la traduction, la poésie lyrique, cette expression d'un " moi " subjectif, exige dans la langue cible un discours subjectif équivalent. 1. 3. 4. Le concept de poéticité. Essai de définition
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de Charles S. Stevenson, qui introduit une distinction entre le poème-type et le poème " token ", identité distincte, séparée de son contexte discursif, est intéressante en ce sens.509 Îl essaie d'établir une définition de la poésie lyrique en s'appuyant sur leș traits fondamentaux du poème-token.510 Un premier critère d'évaluation est l'interprétation associée à la poésie lyrique, c'est à dire " un type de réaction [...] qui permet d'être, pour le moins, esthétiquement pertinent ". L'interprétation consiste donc
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
un poème" dénote la signification que nous assignons à une séquence de mots lorsque nous l'interprétons correctement à condition toutefois que la signification et leș mots remplissent leș conditions additionnelles C ", qui feraient référence à " quelque propriété complexe fondée sur des "ressemblances de famille" "513. Une définition du poème s'établit donc à partir de cette différence spécifique 514, qui fait le propre de la poésie lyrique, grace à să signification particulière qui devrait être interprétée correctement. Nous observons, entre autres
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de la démarche traductive. 2. Traduire la poésie. Théories et perspectives Și la première pârtie de ce chapitre trăite la structure et le fonctionnement du discours poétique, nous consacrons la seconde pârtie aux théories qui concernent la traduction de ce discours, nous appuyant sur leș concepts et leș outils que nous avons délimités auparavant. Tout comme dans le cas de la traduction générale, îl n'y a pas de théorie unitaire de la traduction de la poésie : une telle démarche s'avère être irréalisable surtout à căușe
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
V et VI. Une sous-section est dédiée à l'apparente intraduisibilité de la poésie, que nous voyons en réalité comme une limite de la traduisibilité. Nous continuons par une analyse du signifiant et du signifié poétique en traduction et par une étude sur la traduction de la signifiance et du rythme du poème. Le dernier sous-chapitre est dédié à l'approche herméneutique : nous analysons dans quelle mesure la théorie de l'interprétation de Marianne Lederer et Danica Seleskovitch peut être appliquée à la traduction
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]