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de quelques difficultés liées au sens. Une première difficulté réside dans le titre du recueil. Philippe Loubière soutient que " la traduction littérale du titre du recueil, titre d'inspiration faustienne, * "Dans le grand passage" est un contresens. Îl ne s'agit pas du "grand passage", de la vie à trépas, par exemple, mais de la grande traversée de la vie, sans qu'il soit jamais question d'un au-delà possible. "1296 Le titre qu'il propose en traduction est, par conséquent, Au fil du
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Ladislas Gáldi, qui s'est occupé de la versification des poèmes de Blaga.1304 En conformité avec leș remarques du professeur hongrois, Philippe Loubière conclut que leș vers de Blaga șont seulement en apparence des vers libres ; en réalité, îl s'agit de vers très structurés : " leș strophes șont volontiers construites de façon à s'appuyer sur une symétrie des ictus "1305. Par conséquent, traduire Blaga à la manière de la poésie postmoderne signifie une altération irrémédiable de son vers élaboré : " Blaga a
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l'" absence de perception d'un langage poétique élaboré ", au profit de la traduction simplement littérale, constituent, selon lui, des pertes en traduction.1313 En guise de conclusion, Philippe Loubière affirme que, dans le cas de la traduction de poésie, îl s'agit surtout d'" un travail d'attention " : L'attention portée au texte original d'abord suppose de traquer tout ce qui dans le vers et autour du vers fait sens. L'attention portée au lecteur ensuite exige de s'assurer que
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mise en balance entre fidélité et beauté.1314 Ce fragment résume, en effet, la vision traductive de Philippe Loubière : îl plaide pour une traduction fidèle, qui ne s'éloigne pas du message du texte source et qui, puisqu'il s'agit de textes poétiques, préserve aussi șes marques stylistiques. La traduction réussie est le résultat d'une méthodologie, qui peut être parfois associée à " une forme naturelle d'intuition ". En ce qui concerne leș autres traductions, Philippe Loubière regrette de ne
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elle réclame.1316 3. 10. La poésie de Lucian Blaga en traduction multilingue (Éditions Ars Longa) Leș Éditions Ars Longa de Iași ont publié cinq recueils de poèmes de Blaga dans des éditions multilingues pendant la période 2007-2011. Îl s'agit de 15 poèmes du recueil Poemele luminii (2007), en version française, anglaise et allemande 1317 ; 14 poèmes du recueil Pașii profetului (2008), en version française, anglaise et allemande 1318 ; 10 poèmes du recueil În marea trecere (2009), en version française
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travailleur) : și le texte source contient trois strophes, chacune comptant sept vers, le poème en français ne préserve pas le découpage inițial, de manière que l'on ait une première strophe trop longue, qui comprend quatorze vers.1359 Îl s'agit d'un choix traductif qui altère le rythme typographique du texte de départ, provoquant des déséquilibres au niveau de la mise en page. Comme dans le cas de la traduction de Veturia Drăgănescu-Vericeanu, nous ne pouvons pas dire și de tels écarts
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provoquant des déséquilibres au niveau de la mise en page. Comme dans le cas de la traduction de Veturia Drăgănescu-Vericeanu, nous ne pouvons pas dire și de tels écarts par rapport à l'œuvre source appartiennent aux traducteurs, ou s'il s'agit plutôt d'un travail déficitaire des relecteurs et/ou des éditeurs. Philippe Loubière La traduction de Philippe Loubière, d'un aspect général soigné, contient pourtant une suppression de l'espace blanc qui sépare leș strophes du poème source, suppression qui
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soigné, contient pourtant une suppression de l'espace blanc qui sépare leș strophes du poème source, suppression qui pourrait être expliquée seulement par une faute d'inattention de la part du traducteur et/ou de la part des relecteurs/éditeurs. Îl s'agit du poème În marea trecere (Au fil du grand parcours) qui, en traduction, ne préserve pas l'espace blanc qui sépare l'avant dernière strophe de la dernière.1360 Par contre, dans le même recueil, nous avons identifié un découpage en
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mais une faute de mise en page des éditeurs. 1. 1. 2. Découpage des vers Au niveau de la disposition typographique des vers, nous avons identifié deux tendances qui modifient, en quelque sorte, la signifiance du texte d'origine : îl s'agit, d'un côté, de la suppression de graphèmes/vers et, de l'autre côté, de l'ajout de graphèmes/vers. Îl est intéressant d'observer également le découpage proprement-dit des sémèmes qui créent le vers : îl y a des situations où
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d'analyser quelques traductions des poèmes de Blaga qui comportent moins de vers que le texte source. En général, une intervention opérée au niveau du découpage des vers peut altérer la musicalité donnée par la cadence, même s'il s'agit de vers blancs. Îl faut faire attention donc à ce choix traductif, qui se présente soit comme un redécoupage par suppression des vers, qui n'entraîne pas une suppression sémantique, soit comme une omission au niveau du signifié du poème
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rosée tombent sur șes lèvres/ une à une/ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Villard, 2008 : 11) Des gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres:/ une,/ deux,/ trois./ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Miclău, 1978 : 199) Îl s'agit d'un fragment extrait du cycle dédié par Blaga au dieu Pan, qui fait pârtie du recueil Leș pas du prophète (1921). Dans le texte source, l'image créée par Blaga est d'une musicalité particulière, grace à la synesthésie
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de stele,/ și tresari îndurerat,/ paianjenul s-a-ncreștinat. (Paianjenul) (Blaga, 2010 : 90) Le vieux resta stupéfait dans la nuit/ aux étoiles filantes/ et accablé de peine,/ muet, îl tressaillit,/ l'araignée s'était convertie. (L'araignée) (Miclău, 1978 : 245-247) Îl s'agit d'un fragment extrait du cycle du dieu Pan (Leș pas du prophète, 1921) : accablé de solitude, Pan se retrouve dans un univers étranger, chrétien, symbolisé par la croix qu'il retrouve sur le dos d'une araignée. Nous remarquons
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terre) (Poncet, 1996 : 40) Le détachement du sujet du reste de la phrase à l'aide du tiret introduit d'habitude un moment d'hésitation ou de perplexité, le sujet apportant au discours poétique une note solennelle, surprenante, imprévue. Îl s'agit d'un procédé rhétorique par lequel le poète met en évidence le trăit inédit qui définit le sujet de la phrase. Și mi-e teamă c-o să cadă visătorul. (Visătorul) (Blaga, 2010 : 41) Et j'ai bien peur qu'elle ne
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style du poète roumain. 1. 2. 2. Autres particularités graphiques. Leș vers en miroir À une analyse attentive du microcontexte typographique, on observe que leș vers de Blaga, alignés à gauche, commencent toujours par une minuscule, sauf s'il s'agit du début d'une nouvelle phrase. Ce choix du poète roumain est, à notre sens, l'un des éléments qui illustrent l'avènement de la modernité dans la littérature roumaine. Une autre particularité du style de Blaga que nous avons identifiée
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un signe : " Que la lumière soit ! " (La lumière) (Poncet, 1996 : 32) Le terme " Nepătrunsul " (" l'Insondable ", dans la vision de Jean Poncet, " l'Impénétrable ", dans la vision de Paul Miclău) désigne le Grand Anonyme de la philosophie de Blaga. Îl s'agit ici d'un emploi inédit, parce que dans leș autres poèmes de Blaga on retrouve leș appellations " Dieu " ou " Seigneur ", écrits en majuscules. Par l'introduction de ce terme (" Nepătrunsul "), le poète amplifie le mystère qui est, dans ce cas, celui
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Blaga.1400 Toate drumurile duc către Joia focului spre amiază locului [...]. (Toate drumurile duc) (Blaga, 2010 : 384) Tous leș chemins mènent vers le Jeudi du feu vers le midi du lieu [...]. (Tous leș chemins mènent) (Miclău, 1978 : 517) Îl s'agit de nouveau d'éléments empruntés à la mythologie et au folklore roumain : " le Jeudi du feu " fait référence au jeudi de la Semaine sainte, la dernière semaine du carême. Pendant ce jour, leș habitants des villages roumains avaient l'habitude d
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Par toutes leș ères Délices et lys, rêve *cannibal. Sous toutes leș sphères Extase de sèves, vertical. (Par toutes leș ères) (Miclău, 1978 : 533) La fréquence des vers en miroir dans la poésie de Blaga nous indique qu'il s'agit d'un trăit stylistique propre au poète.1406 Nous nous demandons pourtant quelle est la signifiance correspondant à ce procédé de reprise. Analysons, à titre d'exemple, le fragment suivant : Sufletul satului fâlfâie e lângă noi, ca un miros sfios
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trois comparaisons se constituent comme un seul " signifiant " du " signifié " qui est l'âme du village. Și l'on ignorait que l'on a affaire à un texte poétique, on pourrait se priver de ces vers en miroir. Îl s'agit, selon Alexandra Indrieș, de " fausses comparaisons "1407, car elles n'apportent pas une information nouvelle, mais contribuent à créer l'ineffable poétique et à accroître la poéticité. La mise en page des graphèmes incite le lecteur à une approche verticale
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d'autres mots, cette technique poétique retrouvée dans la poésie de Blaga est porteuse de signifiance. * L'étude du corpus nous permet de déceler leș décisions traductives prises au niveau du microcontexte typographique. Pour résumer, nous rappelons qu'il s'agit des particularités graphiques et de ponctuation qui appartiennent à l'idiostyle de Blaga : la présence des questions (rhétoriques) et des exclamations qui illustrent le tumulte expressionniste ; leș structures intercalées à l'aide de virgules, de tirets, de parenthèses, leș citations
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des rayons de lumière ? (Ne pressens-tu pas ?) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 69) Ne pressens-tu pas mă flamme quand tu trembles dans mes bras comme une goutte de rosée qu'embrassent leș rayons de lumière ? (Ne pressens-tu pas ?) (Miclău, 1978 : 159) Îl s'agit d'un choix inédit : soit la traductrice aspire à imiter, dans son travail, le style poétique de Blaga, insérant un tiret entre le nom et son complément, ce qui constitue une décision inspirée1410 ; soit, au contraire, elle confond le simple
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de bois nous traînons près des écuelles [...] (Au seuil du mystère) (Poncet, 1996 : 148) La traductrice sent le besoin d'insérer un hiatus avânt le complément du nom. À notre sens, ce choix est bizarre, parce qu'il ne s'agit ni de la restitution d'une figure, ni d'une modulation de la voix du texte. À remarquer aussi la graphie erronée du nom " écuelles ". Un autre cas d'imitation de l'idiostyle de Blaga en ce qui concerne leș vers en
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păcatul ce apasă peste casa mea (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) et Domnițele (Leș princesses), îl y a pourtant deux situations où, au milieu de la phrase, le vers commence par une majuscule.1425 Îl s'agit, sans doute, d'une erreur de frappe de la part des éditeurs. La présence des coquilles et des fautes de ponctuation identifiées au niveau du microcontexte typographique montre, une fois de pluș, que le travail des éditeurs et des relecteurs a
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donne à ce graphème une valeur explicative : le moi lyrique justifie son acte de chanter. L'interprétation du traducteur peut mener donc à un écart (parfois grave) du message d'origine. La traductrice prend des décisions intéressantes lorsqu'il s'agit de contextes qu'elle interprète comme directement liées à la philosophie de Blaga. Par exemple, elle fait commencer le nom " être " par une majuscule, même și le texte de départ n'est pas transparent à cet égard : Ființă tu găsi
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de Blaga devrait être transposé en français en gardant, si possible, son étrangeté, c'est à dires șes particularités stylistiques, même au niveau visuel du signifiant. En ce qui concerne l'emploi des majuscules au début des vers, îl s'agit à nouveau d'un travail d'adaptation aux rigueurs du français, mais qui n'affecte pas grièvement la signifiance du poème. Par contre, la décision de faire commencer par une majuscule leș pronoms qui désignent Dieu mène, comme nous avons
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désignent Dieu mène, comme nous avons remarqué, à une modification de la voix du texte. En réalité, le moi poétique du texte source n'est pas tellement cérémonieux dans son discours ; bien au contraire, dans le poème Psalm (Psaume), îl s'agit plutôt d'un monologue amer, voire d'une " querelle " avec un Dieu absent. Philippe Loubière ne fait que donner à son texte-traduction une note plus marquée par le sentiment religieux, même și le poème de départ a une tonalité neutre
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