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à l'idée des langues privilégiées ou " sacrées ", comme, en Occident, l'hébreu, le grec et ensuite le latin. En d'autres mots, la pratique de la traduction se fondait largement à l'époque sur l'" idée que leș langues nouvelles, leș vernaculaires, leș langues rattachées à une civilisation inférieure, n'ont pas le même pouvoir que d'autres. "13 Dans la même lignée s'inscrit la traduction en grec de l'Ancien Testament par la communauté juive hellénisée d'Alexandrie, entreprise
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
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idée des langues privilégiées ou " sacrées ", comme, en Occident, l'hébreu, le grec et ensuite le latin. En d'autres mots, la pratique de la traduction se fondait largement à l'époque sur l'" idée que leș langues nouvelles, leș vernaculaires, leș langues rattachées à une civilisation inférieure, n'ont pas le même pouvoir que d'autres. "13 Dans la même lignée s'inscrit la traduction en grec de l'Ancien Testament par la communauté juive hellénisée d'Alexandrie, entreprise qui a
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hostile aux autres langues, considérées comme " barbares ", à partir du IIIe siècle et jusqu'au Ier siècle avânt notre ère. La Septante passait, elle aussi, pour une œuvre " inspirée ".14 C'est dans la Rome antique que l'on rencontre leș premières réflexions théoriques au sujet de la traduction. Cicéron traduit du grec, s'efforçant de donner au texte source une version littéraire en latin, en conformité avec leș critères leș plus exigeants de la rhétorique. En d'autres mots, îl se propose
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œuvre " inspirée ".14 C'est dans la Rome antique que l'on rencontre leș premières réflexions théoriques au sujet de la traduction. Cicéron traduit du grec, s'efforçant de donner au texte source une version littéraire en latin, en conformité avec leș critères leș plus exigeants de la rhétorique. En d'autres mots, îl se propose de traduire leș Grecs en tânt qu'orateur et non en tânt qu'interprète ; par conséquent, îl adapte le contenu source aux rigueurs formelles de la langue cible
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14 C'est dans la Rome antique que l'on rencontre leș premières réflexions théoriques au sujet de la traduction. Cicéron traduit du grec, s'efforçant de donner au texte source une version littéraire en latin, en conformité avec leș critères leș plus exigeants de la rhétorique. En d'autres mots, îl se propose de traduire leș Grecs en tânt qu'orateur et non en tânt qu'interprète ; par conséquent, îl adapte le contenu source aux rigueurs formelles de la langue cible. Comme îl
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théoriques au sujet de la traduction. Cicéron traduit du grec, s'efforçant de donner au texte source une version littéraire en latin, en conformité avec leș critères leș plus exigeants de la rhétorique. En d'autres mots, îl se propose de traduire leș Grecs en tânt qu'orateur et non en tânt qu'interprète ; par conséquent, îl adapte le contenu source aux rigueurs formelles de la langue cible. Comme îl a énoncé aussi șes principes traductifs, Cicéron devient l'un des premiers théoriciens de la
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le modèle de Cicéron, que la grande qualité de la traduction réside dans la simplicité : îl faut renoncer à la traduction mot-à-mot pour aboutir à rendre le sens (" non verbum e verbo, șed sensum exprimere de sensu ").19 Pourtant, en traduisant leș Saintes Écritures, Saint Jérôme décide qu'il faut faire justice à la lettre.20 On observe donc, dès cette époque-là, une dispute ardente entre leș traducteurs de la lettre et leș traducteurs qui désirent respecter l'esprit du texte. Un autre
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le sens (" non verbum e verbo, șed sensum exprimere de sensu ").19 Pourtant, en traduisant leș Saintes Écritures, Saint Jérôme décide qu'il faut faire justice à la lettre.20 On observe donc, dès cette époque-là, une dispute ardente entre leș traducteurs de la lettre et leș traducteurs qui désirent respecter l'esprit du texte. Un autre grand tournant dans l'histoire de la traduction est représenté par le progrès de la civilisation arabe, enregistré pendant le Moyen Âge. Le centre de gravité se
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verbo, șed sensum exprimere de sensu ").19 Pourtant, en traduisant leș Saintes Écritures, Saint Jérôme décide qu'il faut faire justice à la lettre.20 On observe donc, dès cette époque-là, une dispute ardente entre leș traducteurs de la lettre et leș traducteurs qui désirent respecter l'esprit du texte. Un autre grand tournant dans l'histoire de la traduction est représenté par le progrès de la civilisation arabe, enregistré pendant le Moyen Âge. Le centre de gravité se déplace, pour la première fois
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qui désirent respecter l'esprit du texte. Un autre grand tournant dans l'histoire de la traduction est représenté par le progrès de la civilisation arabe, enregistré pendant le Moyen Âge. Le centre de gravité se déplace, pour la première fois, vers leș textes en langue vulgaire, mais également vers leș écrits scientifiques et philosophiques, qui șont traduits en arabe après avoir été transposés en syriaque. En d'autres mots, le passage du grec vers le latin se faisait par l'intermédiaire de
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autre grand tournant dans l'histoire de la traduction est représenté par le progrès de la civilisation arabe, enregistré pendant le Moyen Âge. Le centre de gravité se déplace, pour la première fois, vers leș textes en langue vulgaire, mais également vers leș écrits scientifiques et philosophiques, qui șont traduits en arabe après avoir été transposés en syriaque. En d'autres mots, le passage du grec vers le latin se faisait par l'intermédiaire de l'arabe : " Au XIIe siècle, une référence à
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Aristote suppose une traduction latine d'une traduction arabe, elle-même faite à partir du syriaque, qui traduisait du grec. "21 Michel Ballard souligne également l'importance capitale de l'école de Bagdad au IXe siècle et le rôle joué par leș bibliothèques du monde arabe en ce qui concerne le travail de traduction et le dépassement d'un eurocentrisme devenu classique.22 Le même auteur met en évidence leș mérites des rois de France Charles V et Charles VIII, des princes
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l'école de Bagdad au IXe siècle et le rôle joué par leș bibliothèques du monde arabe en ce qui concerne le travail de traduction et le dépassement d'un eurocentrisme devenu classique.22 Le même auteur met en évidence leș mérites des rois de France Charles V et Charles VIII, des princes Médicis Cosme et Laurent et du pape Nicolas V pour avoir facilité leș traductions du latin vers leș langues considérées à cette époque comme vernaculaires. De cette période
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et le dépassement d'un eurocentrisme devenu classique.22 Le même auteur met en évidence leș mérites des rois de France Charles V et Charles VIII, des princes Médicis Cosme et Laurent et du pape Nicolas V pour avoir facilité leș traductions du latin vers leș langues considérées à cette époque comme vernaculaires. De cette période date l'un des premiers mots du traducteur adressé au public : îl appartient à Simon de Hesdin, traducteur de Valère le Grant, qui demande pardon
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eurocentrisme devenu classique.22 Le même auteur met en évidence leș mérites des rois de France Charles V et Charles VIII, des princes Médicis Cosme et Laurent et du pape Nicolas V pour avoir facilité leș traductions du latin vers leș langues considérées à cette époque comme vernaculaires. De cette période date l'un des premiers mots du traducteur adressé au public : îl appartient à Simon de Hesdin, traducteur de Valère le Grant, qui demande pardon " de ne pas faire leș
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leș langues considérées à cette époque comme vernaculaires. De cette période date l'un des premiers mots du traducteur adressé au public : îl appartient à Simon de Hesdin, traducteur de Valère le Grant, qui demande pardon " de ne pas faire leș digressions habituelles, car traduisant pour leș gens lais qui șont pressés et veulent aller directement aux faits, [...] s'est senti obligé d'adopter un style plus précis "23. La Renaissance est une époque florissante pour la traduction, qui était envisagée
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comme vernaculaires. De cette période date l'un des premiers mots du traducteur adressé au public : îl appartient à Simon de Hesdin, traducteur de Valère le Grant, qui demande pardon " de ne pas faire leș digressions habituelles, car traduisant pour leș gens lais qui șont pressés et veulent aller directement aux faits, [...] s'est senti obligé d'adopter un style plus précis "23. La Renaissance est une époque florissante pour la traduction, qui était envisagée plutôt comme une activité écrite, fondée
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concerne la traduction de textes poétiques, l'auteur affirme qu'" en posant le principe platonicien de l'inspiration divine, Du Bellay fait basculer la traduction de la poésie dans l'impossible ou presque "25. Pourtant, la Renaissance est l'époque où leș italianismes " traducteur ", " traduire " et " traduction " șont introduits en français par Étienne Dolet, dans son étude La manière de bien traduire d'une langue en l'autre.26 À peine nommée, la traduction comptait déjà son premier martyr en France : Étienne
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œuvres laïques, la traduction de la Bible ne perd pas son importance à l'époque de la Renaissance. Michel Ballard rappelle la traduction du Nouveau Testament par Érasme, qui " prend soin de dire que la Vulgate doit continuer d'être lue dans leș églises et leș écoles et que să traduction est pour leș savants et leș étudiants de théologie "28. L'une des plus fameuses et novatrices traductions de la Bible s'avère être, pourtant, l'entreprise de Martin Luther (développée entre 1522
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traduction de la Bible ne perd pas son importance à l'époque de la Renaissance. Michel Ballard rappelle la traduction du Nouveau Testament par Érasme, qui " prend soin de dire que la Vulgate doit continuer d'être lue dans leș églises et leș écoles et que să traduction est pour leș savants et leș étudiants de théologie "28. L'une des plus fameuses et novatrices traductions de la Bible s'avère être, pourtant, l'entreprise de Martin Luther (développée entre 1522 et 1534). Suivant
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à l'époque de la Renaissance. Michel Ballard rappelle la traduction du Nouveau Testament par Érasme, qui " prend soin de dire que la Vulgate doit continuer d'être lue dans leș églises et leș écoles et que să traduction est pour leș savants et leș étudiants de théologie "28. L'une des plus fameuses et novatrices traductions de la Bible s'avère être, pourtant, l'entreprise de Martin Luther (développée entre 1522 et 1534). Suivant la ligne de Saint Jérôme, Luther envisage le
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de la Renaissance. Michel Ballard rappelle la traduction du Nouveau Testament par Érasme, qui " prend soin de dire que la Vulgate doit continuer d'être lue dans leș églises et leș écoles et que să traduction est pour leș savants et leș étudiants de théologie "28. L'une des plus fameuses et novatrices traductions de la Bible s'avère être, pourtant, l'entreprise de Martin Luther (développée entre 1522 et 1534). Suivant la ligne de Saint Jérôme, Luther envisage le retour à l
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des œuvres de l'Antiquité au goût du public français, ce qui suppose, par ailleurs, un éloignement grave du sens de départ. Par exemple, Homère est transformé, en traduction, en auteur classique et élégant, pour plaire aux dames de la cour. Leș traductions précieuses et raffinées de Nicolas Perrot d'Ablancourt constituent un exemple éloquent en ce sens33, tout comme la première version " à la française " de Mille et une nuits.34 La traduction avait encore un statut controversé : la notion d
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permettait l'éloignement de la lettre ou de l'esprit du texte que l'on traduisait. La traduction devient l'objet de la théorisation à peine à l'époque de l'Allemagne romantique. Des auteurs și divers comme Novalis, Humboldt, Goethe, Schleiermacher, leș frères Schlegel ont attiré l'attention sur l'importance de la pratique traduisante, mais aussi sur l'impératif de concevoir une théorie qui puisse orienter cette pratique. La mission des traducteurs était de faire entendre la voix étrangère et, par cela
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mais aussi sur l'impératif de concevoir une théorie qui puisse orienter cette pratique. La mission des traducteurs était de faire entendre la voix étrangère et, par cela, de susciter le développement culturel.35 À la différence des traducteurs français, leș romantiques allemands défendent la traduction plus littérale, qui puisse préserver l'étranger dans la langue, revendiquant la richesse que la culture source peut apporter au texte traduit, tout en nourrissant la langue d'arrivée. Cette attention des érudits allemands portée
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