10,100 matches
-
de ajuns/ că duhul să prindă trup pe pamant [...] (Poetul) (Blaga, 2010 : 233) [...] que ça aurait suffi à l'Esprit pour prendre corps ici-bas [...] (Le poète) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 219) [...] qu'elle aurait suffi, hélas,/ pour que l'esprit s'incarne sur terre [...] (Le poète) (Miclău, 1978 : 429) Pour observer dans quelle mesure la suppression des vers altère le rythme intérieur du poème traduit, nous avons offert aussi leș variantes de traduction de Jean Poncet et Paul Miclău, qui préservent le découpage
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
la suppression des vers altère le rythme intérieur du poème traduit, nous avons offert aussi leș variantes de traduction de Jean Poncet et Paul Miclău, qui préservent le découpage original. Paul Miclău Nous avons identifié une suppression des vers construite sur une omission sémantique dans la traduction du poème programmatique Eu nu strivesc corola de minuni a lumii (Je n'écrase pas la corolle de merveilles du monde) qui émane de Paul Miclău. Le poème en français contient 19 vers, par
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
du poème programmatique Eu nu strivesc corola de minuni a lumii (Je n'écrase pas la corolle de merveilles du monde) qui émane de Paul Miclău. Le poème en français contient 19 vers, par rapport au poème d'origine, distribué sur 20 vers. Cela devient d'autant plus grave lorsqu'on observe que, une fois le vers respectif supprimé, on a supprimé aussi une pârtie du message du poème : Eu nu strivesc corola de minuni a lumii/ și nu ucid/ cu
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
ori morminte. (Eu nu strivesc corola de minuni a lumii) (Blaga, 2010 : 19) Je n'écrase pas la corolle de merveilles du monde/ et mon esprit ne tue jamais/ leș mystères que je rencontre/ dans leș fleurs, dans leș yeux, sur leș lèvres ou leș tombes. (Je n'écrase pas la corolle de merveilles du monde) (Miclău, 1978 : 125) Nous observons que le traducteur a choisi de renoncer au troisième vers, " în calea mea " (" dans mon chemin "), peut-être parce qu'il
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
pathétique indissociable de șa poésie, la căușe de cette incapacité, le traducteur supprime ce vers explicatif, ce qui entraîne aussi une diminution de la voix du texte. Le traducteur interprète le texte à son propre gré : îl considère que l'insistance sur l'impuissance de voir n'est pas nécessaire, peut-être parce qu'elle lui semble répétitive, ou peut-être parce qu'il pense que l'adverbe " tânt ", qui modalise le verbe " avoir " du dernier vers cité, rend cette explication implicite. La suppression
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
semble adéquate : Odată un zeu își cioplea/ un fluier din nuia de șoc./ Piticul dobitoc/ i se plimbă pe mâna. (Paianjenul) (Blaga, 2010 : 90) Un jour où Pan taillait une flûte en sureau,/ tout beau l'animal nain/ se promenait sur să main. (L'araignée ) (Miclău, 1978 : 245) Le nouveau découpage du texte entraîne la disparition de l'enjambement. Ce redécoupage est réalisé aussi pour des raisons de réorganisation au niveau du microcontexte typographique (changement de ponctuation) et de compensation au
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
traduction de Paul Villard, le premier vers, par să longueur, crée un déséquilibre du rythme typographique. En plus, on remarque l'erreur grammaticale (la présence inutile du pronom adverbial " y ") et le manque de logique (" îl me semble sentir déjà ") sur lequel est construite la version de ce traducteur. Nous avons identifié dans la même traduction beaucoup de situations similaires de suppression de vers, plus ou moins graves.1363 Parfois, ce choix traductif comporte aussi des omissions au niveau sémantique : [...] stelele mele
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
vers dans la traduction de Paul Villard qui a retenu notre attention est le suivant : Stropi calzi de rouă-i cad pe buze :/ unu,/ doi,/ trei./ Natură își adapă zeul. (Pan) (Blaga, 2010 : 61) Trois gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres/ une à une/ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Villard, 2008 : 11) Des gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres:/ une,/ deux,/ trois./ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Miclău, 1978 : 199) Îl s'agit d'un
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
pe buze :/ unu,/ doi,/ trei./ Natură își adapă zeul. (Pan) (Blaga, 2010 : 61) Trois gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres/ une à une/ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Villard, 2008 : 11) Des gouttes chaudes de rosée tombent sur șes lèvres:/ une,/ deux,/ trois./ La nature abreuve son dieu. (Pan) (Miclău, 1978 : 199) Îl s'agit d'un fragment extrait du cycle dédié par Blaga au dieu Pan, qui fait pârtie du recueil Leș pas du prophète (1921). Dans
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
par des éléments d'ordre visuel (la rosée qui abreuve le dieu Pan), auditif (le clapotis des gouttes de rosée qui tombent), sensoriel (leș goutes de rosée șont chaudes), mais aussi grace à l'énumération des gouttes de rosée, disposée sur trois vers. Le traducteur non seulement " simplifie " le découpage inițial des vers et, avec cela, le message poétique et la musicalité de ce fragment, mais îl est inconstant également au niveau du microcontexte typographique (îl abolit des éléments de ponctuation du
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
L'araignée) (Miclău, 1978 : 245-247) Îl s'agit d'un fragment extrait du cycle du dieu Pan (Leș pas du prophète, 1921) : accablé de solitude, Pan se retrouve dans un univers étranger, chrétien, symbolisé par la croix qu'il retrouve sur le dos d'une araignée. Nous remarquons, d'un côté, la création de l'enjambement dans le texte-traduction, réalisée admirablement, on dirait à la manière de Blaga (" la nuit/aux étoiles filantes ") et, de l'autre côté, une compensation au
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
qui contribue à une meilleure régie du texte poétique et à mettre en évidence, on dirait en imitant le style de Blaga, l'idée de la solitude du moi lyrique. Le découpage appliqué aux vers intervient aussi lorsque le traducteur tombe sur des figures difficilement transposables, qu'il sent le besoin d'expliciter ou d'interpréter : Cu genele ghicesc poetca sărutărilor de ieri. (Tămâie și fulgi) (Blaga, 2010 : 80) Mes cils deviennent le sentier/ des anciens baisers. (Encens et neige) (Miclău, 1978
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
exemple, à la place de la solution ci-dessus concernant le signe " toaca ", on peut y renoncer simplement, en le remplaçant avec l'équivalent " angélus " qui apparait dans le vers suivant.1371 Le découpage de la nouvelle figure en deux vers distincts construits sur un enjambement est ainsi expliqué. Nous ajoutons que ce découpage est opéré également pour des raisons de musicalité, donc de surcroît de la poéticité : " orme " et " forme " créent une rime inédite et inattendue en français. Le fragment entier ressemble en traduction
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
trebui să tai iarbă pe unde-ai trecut. Cu coasă tăgăduirei pe umăr/ în cea din urmă tristețe mă-ncing. (Amintire) (Blaga, 2010 : 532) Je devrais faire place nette, / oui, je devrais faucher l'herbe là où tu es passé. / Sur mon épaule pèse la faux du négateur/ et la dernière tristesse me ceint leș reins. (Mémoire) (Stolojan, 1992 : 45) On observe que la traductrice opère un autre découpage du poème, choisissant de renforcer la métaphore filée du texte d'origine
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
casa mea) (Blaga, 2010 : 123) Pourquoi ai-je interprété zodiaque et saisons/ Autrement que la vieille qui fait rouir/ Son chanvre dans la mare ?/ Pourquoi ai-je désiré un autre sourire/ Que celui du tailleur de pierre/ Qui fait jaillir des étincelles/ Sur le bord du chemin ? (J'ai compris le péché qui ronge mă maison) (Loubière, 2003 : 55) Ô, pourquoi ai-je déchiffré le temps et le zodiaque/ autrement que la vieille qui rouit son chanvre dans la mare ?/ Pourquoi ai-je désiré un
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
zodiaque/ autrement que la vieille qui rouit son chanvre dans la mare ?/ Pourquoi ai-je désiré un sourire différent de celui du tailleur de pierre/ qui fait jaillir des étincelles au bord du chemin ? (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Pop-Curșeu, 2003 : 85) Nous observons que, pratiquement, au lieu de quatre vers assez longs que propose le texte d'origine, on retrouve dans la traduction de Philippe Loubière sept vers, dont trois se retrouvent en retrăit (le troisième
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
fil du grand parcours).1374 Paul Villard Dans la traduction de Paul Villard, l'ajout de vers est assez rarement une solution censée faciliter la lecture 1375 ; au contraire, îl s'avère souvent le symptôme d'une traduction maladroite, construite sur des paraphrases mal choisies : Dar oare ar rodi-n ogorul meu/ atâta râs far' de căldură râului ? (Lumină raiului) (Blaga, 2010 : 35) Mais serait-il vraiment possible que mă terre/ produise une telle quantité d'éclats de rire/ sans la chaleur
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
quantité d'éclats de rire " semblent extraits du champ sémantique de la production agricole). La poéticité du texte cible est, irréversiblement, anéantie.1376 Le choix d'ajouter des vers supplémentaires ne nous semble pas inspiré lorsqu'il implique une insistance inutile sur le message poétique de départ, comme dans la situation présentée ci-dessous : [...] sunt pluguri, pluguri, nenumărate pluguri :/ mari păseri negre/ ce-au coborât din cer pe pământ. (Pluguri) (Blaga, 2010 : 107) [...] îl y a des charrues, / beaucoup de charrues, d'innombrables
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
situation présentée ci-dessous : [...] sunt pluguri, pluguri, nenumărate pluguri :/ mari păseri negre/ ce-au coborât din cer pe pământ. (Pluguri) (Blaga, 2010 : 107) [...] îl y a des charrues, / beaucoup de charrues, d'innombrables charrues :/ de grands oiseaux noirs/ descendus du ciel sur la terre. (Charrues) (Villard, 2009 : 51) [...] voilà des charrues, des charrues, d'innombrables charrues :/ de grands oiseaux noirs/ du ciel sur la terre descendus. (Charrues) (Pop-Curșeu, 2003 : 51) À la différence de la traduction littérale qui est l'œuvre de Ștefana
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
107) [...] îl y a des charrues, / beaucoup de charrues, d'innombrables charrues :/ de grands oiseaux noirs/ descendus du ciel sur la terre. (Charrues) (Villard, 2009 : 51) [...] voilà des charrues, des charrues, d'innombrables charrues :/ de grands oiseaux noirs/ du ciel sur la terre descendus. (Charrues) (Pop-Curșeu, 2003 : 51) À la différence de la traduction littérale qui est l'œuvre de Ștefana et Ioan Pop-Curșeu, celle de Paul Villard contient une modalisation supplémentaire (" beaucoup de charrues ") qui s'avère être inutile : l'énumération
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
aproape/ te-am pierdut pentru totdeauna/ în țărâna, în foc, în văzduh și pe ape. (Psalm) (Blaga, 2010 : 104) [...] et sans que tu fusses jamais trop/ près je te perdis pour toujours/ dans la terre, le feu, leș airs et sur leș eaux. (Psaume) (Miclău, 1978 : 253) Séparer leș adverbes " trop " et " près " dans deux vers distincts nous semble une solution inédite : en effet, le traducteur surtraduit 1377, car îl dépasse le sémantisme du texte source et, en employant le modalisateur
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
253) Séparer leș adverbes " trop " et " près " dans deux vers distincts nous semble une solution inédite : en effet, le traducteur surtraduit 1377, car îl dépasse le sémantisme du texte source et, en employant le modalisateur " trop ", îl met l'accent sur la distance entre le moi lyrique et Dieu (l'adverbe " aproape " signifie en français " près " ou " proche "). De l'autre côté, le traducteur préfère créer un enjambement inédit, voire choquant, dans son texte-traduction. Par contre, îl conserve le choix de
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
ce-ai plecat. (Elegie) (Blaga, 2010 : 147) En moi se déversent tous leș chemins/ que tu aș sillonnés et le miroir/ préserve encore ton image/ longtemps après ton départ. (Élégie) (Stolojan, 1992 : 71) En moi se versent toutes leș routes/ sur lesquelles tu aș marché./ La glace garde encore ton image/ après que tu es allé. (Élégie) (Miclău, 1978 : 341) La rime " miroir "/" départ " créée par Sanda Stolojan est plus inédite que celle construite par Paul Miclău, qui s'avère être
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
découpage textuel, leș éléments du microcontexte typographique șont porteurs de signifiance. L'analyse que nous menons dans cette section concerne la traduction des particularités graphiques et de ponctuation qui définissent le style de Blaga, tout comme des vers successifs construits sur une reprise de contenu, que nous appelons " vers en miroir ". 1. 2. 1. Particularités de ponctuation. La présence du tiret Au niveau de la ponctuation, nous avons constaté que leș poèmes de Blaga respectent en général leș normes de la langue roumaine
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
se fait remarquer par une oralité prononcée : on y retrouve un monologue lyrique parsemé de questions, parfois rhétoriques 1378 et d'exclamations (surtout dans leș créations d'inspiration expressionniste 1379) ; à d'autres reprises, des phrases assez longues șont disposées sur plusieurs vers.1380 D'autres particularités du style littéraire de Blaga șont la présence des structures intercalées, introduites à l'aide des virgules, des tirets, voire même des parenthèses1381 et leș citations précédées par deux points, avec ou sans guillemets
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]