10,100 matches
-
mène à une confusion. Le premier déictique " ici " n'a aucun référent et, en plus, son emploi crée un non-sens, puisqu'on a déjà un complément de lieu dans la phrase (" au village "). Nous pouvons appeler une telle structure, fondée sur un manque de logique discursive, " de faux vers en miroir ". Une décision traductive intéressante de Veturia Drăgănescu-Vericeanu est de faire commencer un moț par une majuscule. À titre de comparaison, nous citons aussi la traduction de Paul Miclău : Nimicul zăcea
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
la traductrice a décidé de faire commencer le nom " le rien " par une majuscule, peut-être parce qu'elle sent le besoin de lui accorder une plus grande importance dans șont texte-traduction. Ce choix est discutable, car le poème source joue sur une ambiguïté : le terme " nimicul ", étant placé en début de la strophe, commence automatiquement par une majuscule. En tout cas, on ne peut pas dire și Blaga a eu vraiment l'intention d'accentuer l'opposition entre " nimicul " et " Nepătrunsul ", accordant
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
puissante/que je porte. "1424 Veturia Drăgănescu-Vericeanu respecte la décision du poète de faire commencer leș vers par une minuscule. Dans la traduction des poèmes Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) et Domnițele (Leș princesses), îl y a pourtant deux situations où, au milieu de la phrase, le vers commence par une majuscule.1425 Îl s'agit, sans doute, d'une erreur de frappe de la part des éditeurs. La présence
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
à une analyse attentive du microcontexte typographique, la traduction de Paul Miclău est soignée et adaptée aux normes françaises de ponctuation. Sanda Stolojan La traduction qui est l'œuvre de Sanda Stolojan est fidèle, en général, au texte de départ sur le plan du microcontexte typographique. Îl y a pourtant quelques situations où la traductrice décide, par exemple, de transformer un point dans une virgule, car elle choisit en français une autre tournure de phrase. On peut comparer să version avec
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
Dieu se fait tout petit îl attend leș champignons rouges qui pousseront à l'abri de son dos. (Dans leș montagnes) (Poncet, 1996 : 122) Couvant sous leș arbres Dieu se fait plus petit pour que leș champignons rouges puissent pousser sur son dos. (Dans leș montagnes) (Miclău, 1978 : 327) Comme nous avons montré, Blaga ne voyait que rarement dans le tiret un moyen qui sert à introduire une explication dans le discours : pour la majorité des cas, ce signe de ponctuation
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
tamis de nos veillées nous blutons leș heures, et leur poussière en tombant nous blanchit leș tempes. (Au seuil du mystère) (Poncet, 1996 : 148) Par nos veillées tamis de lin le temps se tamise et une blanche poussière se dépose sur nos tempes. (Au manoir de l'ardente langueur) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 207 ) On observe que Jean Poncet opère une concentration de la métaphore source qui est, en effet, une métaphore filée du vieillissement : le temps se tamise à travers nos veillées, pareilles
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
que Jean Poncet opère une concentration de la métaphore source qui est, en effet, une métaphore filée du vieillissement : le temps se tamise à travers nos veillées, pareilles à des tamis de lin, et la poussière qui en résulte se dépose sur nos tempes. En évitant la traduction littérale, qui permet de conserver la poéticité du texte de départ, le traducteur se perd dans leș méandres de la nouvelle figure créée, une figure mois transparente : îl emploie le verbe " bluter " pour éviter la
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
En ce qui concerne leș vers en miroir, Jean Poncet leș traduit, en grandes lignes, littéralement, afin de garder la symétrie du poème de départ. À ce titre, on peut citer le début du poème Timp fără patrie, construit entièrement sur des vers en miroir qui développent, dans des métaphores inédites, l'idée du temps apatride : Timp fără patrie : rău fără ape, secetă-n albie și sub pleoape. Timp fără patrie : inimi învinse, vârste nerodnice : cugete stinse. Timp fără patrie: sura
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
sur des vers en miroir qui développent, dans des métaphores inédites, l'idée du temps apatride : Timp fără patrie : rău fără ape, secetă-n albie și sub pleoape. Timp fără patrie : inimi învinse, vârste nerodnice : cugete stinse. Timp fără patrie: sura poveste, vuiet de cetina neagră pe creste. (Timp fără patrie) (Blaga, 2010 : 281) Temps apatride : rivière sans eau, galets secs, et larmes aussi. Temps apatride : cœurs défaits, âges stériles, consciences éteintes. Temps apatride : conte en grisaille, rumeur de sapins noirs
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
poveste, vuiet de cetina neagră pe creste. (Timp fără patrie) (Blaga, 2010 : 281) Temps apatride : rivière sans eau, galets secs, et larmes aussi. Temps apatride : cœurs défaits, âges stériles, consciences éteintes. Temps apatride : conte en grisaille, rumeur de sapins noirs sur la crête. (Temps apatride) (Poncet, 1996 : 180) À remarquer dans ce poème la présence massive des deux points au lieu du tiret, situation inédite chez Blaga. Le traducteur est fidèle au message d'origine par să traduction littérale et respecte
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de la ponctuation s'avèrent être exagérés, car elles déterminent des écarts majeurs de la tonalité du texte d'origine, comme dans la traduction ci-dessous : Copilo, pune-ți mâinile pe genunchii mei. (Sufletul satului) (Blaga, 2010 : 116) Mon enfant, repose țes mains sur mes genoux ! (L'âme du village) (Romanescu, 1998 : 82) Petite, mets țes mains sur mes genoux. (L'âme du village) (Loubière, 2003 : 41) Le moț paisible du moi lyrique adressé à une petite fille devient, sous la plume de Paula
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
du texte d'origine, comme dans la traduction ci-dessous : Copilo, pune-ți mâinile pe genunchii mei. (Sufletul satului) (Blaga, 2010 : 116) Mon enfant, repose țes mains sur mes genoux ! (L'âme du village) (Romanescu, 1998 : 82) Petite, mets țes mains sur mes genoux. (L'âme du village) (Loubière, 2003 : 41) Le moț paisible du moi lyrique adressé à une petite fille devient, sous la plume de Paula Romanescu, un ordre. Nous avons identifié dans cette version des emplois inédits de la majuscule
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
să vorbesc. De unde să încep? (Către cititori) (Blaga, 2010 : 103) En passant, vous me regardez [...] En attendant que je vous parle. Comment le faire ? Comment trouver le moț qu'il faut pour commencer ? (Aux lecteurs) (Romanescu, 1998 : 76) Vous passez sur la route, [...] et attendez que je vous parle. Par où commencer ? (Aux lecteurs) (Pop-Curșeu, 2003 : 43) [...] greu se lasă, greu se lasă Dumnezeul pietrelor. (Cântec în noapte) (Blaga, 2010: 381) Qu'il est grand le Dieu des pierres, Qu'il
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
comme choquant pour le lectorat cible, car îl est considéré comme plus proche des normes françaises de ponctuation : M-aplec peste margine : nu știu e-a mării ori a bietului gând ? Un om s-apleacă peste margine) (Blaga, 2010 : 109) Sur le bord je me penche Est-ce le bord de la mer je ne sais Ou bien le bord de mes pauvres pensées ? (Un être se penche sur le bord) (Loubière, 2003 : 27) Flori peste fire de mari îmi luminează în larg
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
mării ori a bietului gând ? Un om s-apleacă peste margine) (Blaga, 2010 : 109) Sur le bord je me penche Est-ce le bord de la mer je ne sais Ou bien le bord de mes pauvres pensées ? (Un être se penche sur le bord) (Loubière, 2003 : 27) Flori peste fire de mari îmi luminează în larg aureole pierdute pe câmp de sfinții trecutului. (Înviere de toate zilele) (Blaga, 2010 : 112) Des fleurs à la taille iréelle Brillent à la ronde auréoles Par
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
nu ceri nimic. Nici rugăciunea mea. (Psalm) (Blaga, 2010 : 104) Tu es la muette et immuable identité Alpha seră toujours alpha Tu ne demandes rien. Ni même mă prière. (Psaume) (Loubière, 2003 : 17) Tu es l'immuable, muette identité (arrondi sur lui-même le a reste a) Tu ne demandes rien. Pas même une prière de moi. (Psaume) (Pop-Curșeu, 2003 : 45) À part la suppression des parenthèses et l'ajout des tirets, nous remarquons l'interprétation en conformité avec le message de la
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
ciel. (Le vieux moine me parle à mi-voix depuis le pas de la porte) (Villard, 2009 : 59) Mă vie a été tout ce que tu veux, [...] parfois cloche qui se disputait avec le ciel. (Le vieil ermite me parle tout baș sur son seuil) (Pop-Curșeu, 2003 : 61) Îl arrive aussi que le traducteur imite le style de Blaga et insère des tirets à fonction créative dans son texte-traduction : [...] și știu că și eu port în suflet [...] căi lactee, minuni ale întunericului. (Mi-
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
de-o haină pe care-o lași în drum. (Psalm) (Blaga, 2010 : 104) J'ôte mon corps vêtement abandonné au bord du chemin. (Psaume) (Villard, 2009 : 21) Je me déshabille de mon corps comme d'un vêtement qu'on laisse sur son chemin. (Psaume) (Pop-Curșeu, 2003 :47) Nous avons identifié des erreurs de frappe et grammaticales dans la traduction de Paul Villard, comme *" réveuse "1471, *" des villages roumaines "1472, *" et le cœur de qui ne n'est-il pas tu ? "1473, *" le
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
Villard, comme *" réveuse "1471, *" des villages roumaines "1472, *" et le cœur de qui ne n'est-il pas tu ? "1473, *" le amen ".1474 La traduction est souvent maladroite et préserve leș tournures de la langue source : *" leș pêcheurs arrivent avec le fardeau sur la tête. "1475 Parfois, au lieu d'un point final on trouve une virgule, même și le vers suivant commence par une majuscule.1476 S'égarant de la signifiance source, le traducteur omet la majuscule dans des situations où le poème
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
cei altădat-atât de răi azi suntem buni, parcă am trece fără viață prin aurore subpământești. Dați-vă mâinile pentru sfârșit : îngeri au cântat toată noaptea [...] că bunătatea e moarte. (Bunătate toamnă) (Blaga, 2010 : 114) Des arbres atteints de jaunisse Croisent sur notre chemin. La maladie est une merveille parfois. [...] Nul ne cherche plus la guérison. En automne on sourit de façon tolérante Tout au long des sentiers. En automne pour tous îl y a place ensemble. Nous qui étions jadis și
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
leș décisions des traducteurs șont toujours discutées du point de vue de la récupération de la signifiance dans le texte d'arrivée, en fonction des stratégies interprétatives. Nous voulons mentionner également que nous ne nous proposons pas d'élaborer une recherche exhaustive sur la versification de Blaga : premièrement, parce que l'espace dont nous disposons est limité et une étude approfondie de la prosodie du poète ne constitue pas forcément l'objectif de notre thèse ; ensuite, parce qu'une telle étude existe déjà. Îl
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
intéressée par la traduction des particularités prosodiques, car nous leș considérons pârtie intégrante de la vision esthétique du poète roumain. 2. 1. Particularités prosodiques du style de Blaga Pour mieux déceler leș traits prosodiques des poèmes de Blaga, nous nous appuyons sur l'ouvrage de Ladislas Gáldi mentionné ci-dessous, fruit des recherches d'un spécialiste dans le domaine. L'auteur se caractérise comme " un philologue hongrois qui connaît depuis son adolescence leș poèmes de Blaga en original et dans leș magistrales traductions
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
guide destiné au lecteur avisé, y compris au traducteur. La recherche approfondie du style du poète roumain et la traduction de son œuvre dans leș langues de circulation internationales constituent, pour Ladislas Gáldi, leș voies par lesquelles " on pourra donner, sur une échelle mondiale, une réponse affirmative à la question que Blaga s'est posée dans le poème Cântec pentru anul 2000 (Chanson pour l'an 2000), păru en 1943, dans le recueil Nebănuitele trepte (Leș marches insoupçonnées). Nous citons ci-dessous
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
L'Éloge du Sommeil, La cumpăna apelor Au Partage des Eaux, La curțile dorului Dans la Cour du Désir, Nebănuitele trepte Leș Gradins insoupçonnés).1483 L'auteur continue par une étude des poèmes écrits après 1943. Le quatrième chapitre porte sur le vers libre dramatique de Blaga. L'érudit hongrois explique la nécessité de șa démarche d'un côté par " l'état actuel des recherches sur la prosodie du XXe siècle " et de l'autre côté par " une lacune très sensible
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]
-
L'auteur continue par une étude des poèmes écrits après 1943. Le quatrième chapitre porte sur le vers libre dramatique de Blaga. L'érudit hongrois explique la nécessité de șa démarche d'un côté par " l'état actuel des recherches sur la prosodie du XXe siècle " et de l'autre côté par " une lacune très sensible des recherches sur l'histoire du vers roumain ". L'ouvrage débute, par conséquent, par " quelques réflexions sur l'histoire du vers libre roumain en général
[Corola-publishinghouse/Science/1467_a_2765]