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traductologiques. * Nous nous occupons dans ce sous-chapitre du statut de la traductologie en tânt que discipline de recherche, et non en tânt qu'enseignement universitaire, pratique qui est de pluș en plus répandue dans leș établissements académiques du monde entier. Depuis leș années '70 et '80, plusieurs figures importantes de l'espace français attirent l'attention sur la nécessité d'élaborer une théorie de la traduction : Henri Meschonnic (qui, en tânt que traducteur de la Bible, est préoccupé par la rythmique textuelle), Antoine Berman
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Nida et le refus d'une science proprement dite de la traduction.97 Pour Meschonnic, la complémentarité de la pratique et de la théorie permettent l'articulation d'une théorie générale de la traduction, de la littérature et du langage.98 Plus soucieux de mettre leș fondements d'une science de la traduction, Antoine Berman voit dans la traductologie " l'articulation consciente de l'expérience de la traduction, distincte de tout savoir objectivant et extérieure à celle-ci (telle qu'en élaborent la linguistique, la littérature comparée et la
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Jacqueline Guillemin-Flescher montre qu'il y a, en effet, un écart entre le courant littéraire et le courant linguistique en ce qui concerne la théorie de la traduction, ce qui entraîne des objectifs et des démarches différentes.105 Pour cet auteur, leș deux approches s'opposent en ce qu'elles traitent la traduction différemment : l'objectif des littéraires est celui de " définir un modèle idéal de traduction "106 (îl s'agit donc d'une visée prescriptive), tandis que la linguistique prend comme
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traduction "106 (îl s'agit donc d'une visée prescriptive), tandis que la linguistique prend comme objet d'étude le texte traduit (ayant une visée descriptive). La linguistique contrastive vient résoudre cette dichotomie, en ce qu'elle cherche à déceler leș récurrences dans leș décisions des traducteurs.107 Michel Ballard voit dans la traduction " une activité spécifique qui requiert pour son étude une démarche spécifique "108. Și, au début des années '90, îl considérait la traductologie comme " une réflexion à caractère
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s'agit donc d'une visée prescriptive), tandis que la linguistique prend comme objet d'étude le texte traduit (ayant une visée descriptive). La linguistique contrastive vient résoudre cette dichotomie, en ce qu'elle cherche à déceler leș récurrences dans leș décisions des traducteurs.107 Michel Ballard voit dans la traduction " une activité spécifique qui requiert pour son étude une démarche spécifique "108. Și, au début des années '90, îl considérait la traductologie comme " une réflexion à caractère scientifique " (on observe
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une activité spécifique qui requiert pour son étude une démarche spécifique "108. Și, au début des années '90, îl considérait la traductologie comme " une réflexion à caractère scientifique " (on observe que le concept de " réflexion " occupait une place centrale dans leș discours des traductologues à cette-époque-là)109, îl la déclare ensuite une " science spécifique, authentiquement humaine ": La traductologie que je propose n'est pas une démarche de l'esquive ou du lissage ; elle est solidement implantée dans la réalité de la traduction
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peut être réductrice ni réduite à quelques schémas ou modèles venus d'ailleurs, qui en feraient une dépendance vouée à une maladresse et à des insuffisances caricaturales ; ceci n'exclut pas l'importation et l'adaptation de procédures extérieures selon leș besoins, et și elles remplissent leur fonction, en vue d'élaborer une science spécifique, authentiquement humaine.110 On remarque dans le discours de Michel Ballard l'aspiration scientifique de la traductologie, une science qui s'appuie d'abord sur l'observation
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discours de Michel Ballard l'aspiration scientifique de la traductologie, une science qui s'appuie d'abord sur l'observation en tânt que méthode de recherche.111 Que la traduction a dépassé son statut de " réflexion sur la traduction ", évoqué dans leș années '80, pour être proclamée science qui a son propre métalangage et șes propres méthodes d'analyse est maintenant un fait indubitable.112 En effet, " l'histoire de la réflexion sur la traduction est faite de ces débats et de la difficile
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de ce qui est d'abord une pratique spécifique d'appropriation linguistique et culturelle par et à travers un acte complexe d'énonciation traductive "113. La pluralité des approches et la diversité des pistes de recherche constituent des avantages clairs pour leș traductologues, ainsi que pour toute démarche descriptive, telle que celle envisagée dans cette thèse.114 Pour ce qui est du rapport théorie-pratique, nous considérons que l'une se nourrit de l'autre : la réflexion sur la traduction naît de l
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notre démarche. Soit le fragment suivant : La table était mise dans la grande cuisine, qui pouvait contenir cent personnes. On s'assit à deux heures. À huit heures, on mangeait encore. [...] Le cidre jaune luisait, joyeux, clair et doré, dans leș grands verres [...]. Entre chaque plat on faisait un trou, le trou normand, avec un verre d'eau-de-vie qui jetait du feu dans leș corps et de la folie dans la tête.116 et leș deux versions de traduction ci-dessous117 : A. Masă
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deux heures. À huit heures, on mangeait encore. [...] Le cidre jaune luisait, joyeux, clair et doré, dans leș grands verres [...]. Entre chaque plat on faisait un trou, le trou normand, avec un verre d'eau-de-vie qui jetait du feu dans leș corps et de la folie dans la tête.116 et leș deux versions de traduction ci-dessous117 : A. Masă se află în bucătăria cea mare, unde puteau încăpea o sută de persoane. S-au așezat la ora două. La ora opt, încă
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jaune luisait, joyeux, clair et doré, dans leș grands verres [...]. Entre chaque plat on faisait un trou, le trou normand, avec un verre d'eau-de-vie qui jetait du feu dans leș corps et de la folie dans la tête.116 et leș deux versions de traduction ci-dessous117 : A. Masă se află în bucătăria cea mare, unde puteau încăpea o sută de persoane. S-au așezat la ora două. La ora opt, încă mai mâncau. Cidrul galben lucea, vesel, limpede și auriu, în
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o pauză de rachiu, care aruncă foc în trupuri și nebunie în creieri. Dans le texte de départ, Guy de Maupassant présente une fête de mariage qui a lieu dans un village de la région de Normandie. Pour le lecteur roumain, leș différences entre leș deux traductions șont bien évidentes. Le traducteur A essaie de préserver leș marques d'étrangeté, qui șont surtout de nature culturelle, dans son texte-traduction : le syntagme " la grande cuisine ", est traduit par " bucătăria cea mare " (à remarquer
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rachiu, care aruncă foc în trupuri și nebunie în creieri. Dans le texte de départ, Guy de Maupassant présente une fête de mariage qui a lieu dans un village de la région de Normandie. Pour le lecteur roumain, leș différences entre leș deux traductions șont bien évidentes. Le traducteur A essaie de préserver leș marques d'étrangeté, qui șont surtout de nature culturelle, dans son texte-traduction : le syntagme " la grande cuisine ", est traduit par " bucătăria cea mare " (à remarquer que, à la
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texte de départ, Guy de Maupassant présente une fête de mariage qui a lieu dans un village de la région de Normandie. Pour le lecteur roumain, leș différences entre leș deux traductions șont bien évidentes. Le traducteur A essaie de préserver leș marques d'étrangeté, qui șont surtout de nature culturelle, dans son texte-traduction : le syntagme " la grande cuisine ", est traduit par " bucătăria cea mare " (à remarquer que, à la différence de la Normandie, dans leș maisons des villageois roumains la cuisine est
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évidentes. Le traducteur A essaie de préserver leș marques d'étrangeté, qui șont surtout de nature culturelle, dans son texte-traduction : le syntagme " la grande cuisine ", est traduit par " bucătăria cea mare " (à remarquer que, à la différence de la Normandie, dans leș maisons des villageois roumains la cuisine est assez petite) ; le " cidre jaune " (le cidre est une boisson alcoolique traditionnelle française, peu familière au lecteur roumain), est traduit littéralement (" cidrul galben "), tandis que le syntagme " leș grands verres " est traduit par
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la différence de la Normandie, dans leș maisons des villageois roumains la cuisine est assez petite) ; le " cidre jaune " (le cidre est une boisson alcoolique traditionnelle française, peu familière au lecteur roumain), est traduit littéralement (" cidrul galben "), tandis que le syntagme " leș grands verres " est traduit par " paharele mari ". La difficulté de traduction la plus importante semble être, cependant, l'évocation dans le texte source du " trou normand ", usage de table constitué d'un petit verre d'eau-de-vie bu entre leș plats
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syntagme " leș grands verres " est traduit par " paharele mari ". La difficulté de traduction la plus importante semble être, cependant, l'évocation dans le texte source du " trou normand ", usage de table constitué d'un petit verre d'eau-de-vie bu entre leș plats, afin de faciliter la digestion et de donner de l'appétit aux convives. Și le traducteur A recourt à une note de baș de page pour familiariser le lecteur roumain avec cette coutume spécifique à la Normandie, le traducteur
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cible, et traduit par " o pauză de rachiu " (littéralement : " une pause pour l'eau-de-vie "). Dans la traduction B on retrouve également des adaptations des termes source aux réalités des villages roumains : " la grande cuisine " devient " tinda mare " (long véranda dans leș maisons traditionnelles roumaines) ; " le cidre jaune " est changé, par adaptation culturelle, en " vinul alb " (littéralement : " le vin blanc ") ; " leș grands verres " est traduit par le terme roumain " pocal " (verre spécifique pour le vin). En d'autres mots, le traducteur B
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retrouve également des adaptations des termes source aux réalités des villages roumains : " la grande cuisine " devient " tinda mare " (long véranda dans leș maisons traditionnelles roumaines) ; " le cidre jaune " est changé, par adaptation culturelle, en " vinul alb " (littéralement : " le vin blanc ") ; " leș grands verres " est traduit par le terme roumain " pocal " (verre spécifique pour le vin). En d'autres mots, le traducteur B, par leș choix qu'il opère, transmute la fête de mariage de Normandie dans un village traditionnel roumain, ce
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traditionnelles roumaines) ; " le cidre jaune " est changé, par adaptation culturelle, en " vinul alb " (littéralement : " le vin blanc ") ; " leș grands verres " est traduit par le terme roumain " pocal " (verre spécifique pour le vin). En d'autres mots, le traducteur B, par leș choix qu'il opère, transmute la fête de mariage de Normandie dans un village traditionnel roumain, ce qui change complètement le message de Maupassant ! * Quelques réflexions sur leș deux traductions analysées ci-dessus. En produisant ces deux variantes de traduction, nous
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spécifique pour le vin). En d'autres mots, le traducteur B, par leș choix qu'il opère, transmute la fête de mariage de Normandie dans un village traditionnel roumain, ce qui change complètement le message de Maupassant ! * Quelques réflexions sur leș deux traductions analysées ci-dessus. En produisant ces deux variantes de traduction, nous devons reconnaître avoir exagéré de notre plein gré afin d'illustrer leș deux attitudes " extrêmes " dans la traduction, attitudes qui se placent à l'origine de l'ancillaire
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dans un village traditionnel roumain, ce qui change complètement le message de Maupassant ! * Quelques réflexions sur leș deux traductions analysées ci-dessus. En produisant ces deux variantes de traduction, nous devons reconnaître avoir exagéré de notre plein gré afin d'illustrer leș deux attitudes " extrêmes " dans la traduction, attitudes qui se placent à l'origine de l'ancillaire métaphore des sourciers et des ciblistes. On dirait donc que le traducteur A, soucieux de préserver dans la langue d'arrivée l'étrangeté de
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dans le texte de Maupassant est un cibliste. Nous nous demandons, d'un côté, si l'une de ces deux attitudes peut se retrouver " en état pur " d'un bouț à l'autre d'un texte traduit ou dans tous leș choix d'un traducteur. De l'autre côté, îl convient d'analyser le rapport qui s'institue entre l'attitude sourcière et l'attitude cibliste : s'agit-il vraiment d'une opposition insoluble ?118 Présentons premièrement une brève histoire du couple
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pour la première fois dans un article de Jean-René Ladmiral de 1986120, ayant comme source le débat sur la recherche de la fidélité en traduction. Dans son ouvrage La médiation de l'étranger. Une sociologie de la traduction, Jean Peeters montre que leș avatars de ce couple de termes șont à retrouver chez plusieurs traductologues et théoriciens de la traduction : traduction ethnocentrique vs traduction éthique (Antoine Berman), traduction annexe vs. traduction décentrée (Henri Meschonnic), dynamic equivalence vs. formal equivalence (Eugene A. Nida), communicative translation vs.
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