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qui est soutenue par une solide théorie philosophique. Ce trope ne témoigne pas seulement de la mentalité et du talent artistique du poète, mais aussi des ressources secrètes de la langue d'arrivée, si celle-ci est maniée savamment. L'excroissance figurale fondée sur une mutation sémantique et la démétaphorisation qui annule pratiquement la figure s'avèrent être des péchés graves. L'interprétation et la récréation șont leș moyens du traducteur. Pourtant, celui-ci n'est pas autorisé à s'éloigner du message que la
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d'invention de chacune des langues, invitant în fine le lecteur à tracer dans le texte le chemin de șa propre interprétation.1612 4. 2. Au-delà de la métaphore : leș images Paul Miclău a remarqué que la poésie de Blaga repose sur des images arborescentes qui ne peuvent pas être confinées à de simples catégories stylistiques.1613 Par " images ", nous désignons leș " tableaux " présentés dans leș poèmes, construits d'habitude sur un cumul de figures de style. Nous citons ci-dessous quelques images
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images Paul Miclău a remarqué que la poésie de Blaga repose sur des images arborescentes qui ne peuvent pas être confinées à de simples catégories stylistiques.1613 Par " images ", nous désignons leș " tableaux " présentés dans leș poèmes, construits d'habitude sur un cumul de figures de style. Nous citons ci-dessous quelques images transposables par la méthode littérale : " Treceau în goană toamne cu căderi de stele. " " Galopaient leș automnes aux étoiles filantes. " (V. Paianjenul/V. L'araignée) (Miclău, 1978 : 245) ; " Au galop
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dans le cercle/Qui arrime à șes douves la voûte du ciel. " (Au calme, parmi d'antiques choses) (Loubière, 2003 : 29) ; " Sângele meu vreau să curgă pe scocurile lumii/să-nvârtă rotile/în mori cerești. " " Je veux que mon sang coule sur leș canaux du monde/pour faire tourner leș roues/dans leș moulins célestes. " (Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Miclău, 1978 : 297) ; " Ziua trăiesc împrăștiat cu furtună. " " Le
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să-nvârtă rotile/în mori cerești. " " Je veux que mon sang coule sur leș canaux du monde/pour faire tourner leș roues/dans leș moulins célestes. " (Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Miclău, 1978 : 297) ; " Ziua trăiesc împrăștiat cu furtună. " " Le jour avec la tempête dissipé je vis. " (Biografie/Biographie) (Miclău, 1978 : 313) ; " În sângele oilor noaptea pădurii e vis lung și greu. Dans le sang des moutons la nuit
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des moutons la nuit de la forêt est rêve long et lourd. " (În munți/Dans leș montagnes) (Miclău, 1978 : 327) ; " Cenușă îngerilor arși în ceruri/ne cade fulguind, pe umeri și pe case. La cendre des anges brûlés au ciel/floconne sur nos épaules et nos maisons. " (Anno domini/Anno domini) (Miclău, 1978 : 405) ; " Leș anges brûlés dans leș cieux tombent en cendre/Sur nos épaules et sur nos toits. " (Anno domini) (Romanescu, 1998 : 70). * Nous analysons ci-dessous quelques images dont la
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în ceruri/ne cade fulguind, pe umeri și pe case. La cendre des anges brûlés au ciel/floconne sur nos épaules et nos maisons. " (Anno domini/Anno domini) (Miclău, 1978 : 405) ; " Leș anges brûlés dans leș cieux tombent en cendre/Sur nos épaules et sur nos toits. " (Anno domini) (Romanescu, 1998 : 70). * Nous analysons ci-dessous quelques images dont la traduction en français s'avère être difficile. Dans le cas du fragment suivant, la version de Philippe Loubière contient un subtil changement
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fulguind, pe umeri și pe case. La cendre des anges brûlés au ciel/floconne sur nos épaules et nos maisons. " (Anno domini/Anno domini) (Miclău, 1978 : 405) ; " Leș anges brûlés dans leș cieux tombent en cendre/Sur nos épaules et sur nos toits. " (Anno domini) (Romanescu, 1998 : 70). * Nous analysons ci-dessous quelques images dont la traduction en français s'avère être difficile. Dans le cas du fragment suivant, la version de Philippe Loubière contient un subtil changement sémantique, à la différence
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dessus de nous. " (Souvenir) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 155) ; " Autrefois des vautours volaient plus haut que Dieu au-dessus de nous. " (Mémoire) (Stolojan, 1992 : 45). Dans le cas de l'image ci-dessous, leș versions de Paula Romanescu et d'Alain Caumette șont construites sur des écarts sémantiques graves : " Lucian Blaga e mut că o lebădă./ În patria să/zăpadă făpturii ține loc de cuvânt. " " Lucian Blaga est muet comme un cygne./ Dans să patrie/la neige de l'être remplace leș mots. " (Autoportret/Autoportrait
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devenue lointaine des mots ". La modification sémantique et le contresens entraînent une altération du message poétique. Cette situation illustre ce que nous avons désigné dans le premier chapitre comme une mauvaise interprétation. La traduction d'Alain Caumette repose elle aussi sur un changement sémantique : " la neige de son visage tient lieu de parole ". Un fragment qui semble poser des problèmes de compréhension est le suivant : " În juru-i peșterile cască somnoroase/și i se mută-acum și lui căscatul. " " Autour bâillent leș grottes
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Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 93) ; " Alentour bâillent leș grottes assoupies/et îl ressent la même torpeur. " (Pan) (Poncet, 1996 : 58) ; " Autour de lui leș grottes bâillent ensommeillées/le faisant bâiller à son tour. " (Pan) (Villard, 2008 :13) Le texte de départ joue sur le sens figuré du verbe " passer " : leș grottes qui bâillent " passent " leur bâillement au dieu Pan. La traduction littérale de Veturia Drăgănescu-Vericeanu n'est pas admissible : elle se situe à la limite du compréhensible et, en plus, elle n'est
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limite du compréhensible et, en plus, elle n'est pas poétique. La solution adéquate dans ce cas est de paraphraser le sens d'origine, comme le font Paul Miclău et Jean Poncet. La version de Paul Villard est construite aussi sur une paraphrase, mais le registre employé est celui du discours commun, de tous leș jours, et non le registre poétique, ce qui mène à une banalisation de l'image. L'une des plus belles images de la poésie de Blaga est
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tous leș jours, et non le registre poétique, ce qui mène à une banalisation de l'image. L'une des plus belles images de la poésie de Blaga est présentée dans le tableau ci-dessous. Îl s'agit d'une métaphore fondée sur une ambiguïté sémantique dans la langue source, qui est, par conséquent, difficilement transposable : Din cer a venit un cântec de lebădă./ Îl aud fecioarele ce umblă cu frumuseți desculțe/ peste muguri. Și pretutindeni îl aud eu și tu. (Din cer
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ce umblă cu frumuseți desculțe/ peste muguri. Și pretutindeni îl aud eu și tu. (Din cer a venit un cântec de lebădă) (Blaga, 2010 : 115) Du ciel parvint un chant de cygne./ L'entendent leș belles vierges qui marchent nu-pieds/ sur leș bourgeons. Et partout nous l'entendons. (Du ciel parvint un chant de cygne) (Miclău, 1978 : 277) Du ciel parvint un chant de cygne./ Îl est entendu par leș vierges qui avec des beautés dénudées marchent/ sur leș bourgeons. Et
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qui marchent nu-pieds/ sur leș bourgeons. Et partout nous l'entendons. (Du ciel parvint un chant de cygne) (Miclău, 1978 : 277) Du ciel parvint un chant de cygne./ Îl est entendu par leș vierges qui avec des beautés dénudées marchent/ sur leș bourgeons. Et partout nous l'entendons, moi et țoi. " (Du ciel parvient un chant de cygne) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 145) Un chant de cygne est venu du ciel./ Leș vierges dont la beauté marche nu-pieds sur leș bourgeons/ l'entendent
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des beautés dénudées marchent/ sur leș bourgeons. Et partout nous l'entendons, moi et țoi. " (Du ciel parvient un chant de cygne) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 145) Un chant de cygne est venu du ciel./ Leș vierges dont la beauté marche nu-pieds sur leș bourgeons/ l'entendent. Îl est partout et tu l'entends comme moi. (Un chant de cygne est venu du ciel) (Stolojan, 1992 : 41) Du ciel est descendu un chant de cygne./ L'entendent leș jeunes vierges dont la beauté
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nus/ parmi leș bourgeons. Et l'entendons en tous lieux țoi et moi. (Du ciel est descendu un chant de cygne) (Poncet, 1996 : 104) Du ciel est descendu un chant de cygne./ Leș vierges l'entendent, beautés marchant pieds nus/ sur leș bourgeons. Et partout moi et țoi nous l'entendons. (Du ciel est descendu un chant de cygne) (Pop-Curșeu, 2003 : 69) Du ciel est descendu un chant du cygne./ L'entendent leș vierges qui marchent,/ La beauté nu-pieds, parmi leș
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chant de cygne est descendu du ciel) (Villard, 2009 : 75) Dans la langue de départ, l'image du texte source peut avoir leș deux sens suivants : 1) Îl y a des vierges dont leș beautés șont nu-pieds et qui marchent sur leș bourgeons. 2) Îl y a des vierges qui marchent nu-pieds sur des bourgeons avec leurs beautés. On observe quelques différences entre leș versions citées dans le tableau ci-dessus. Premièrement, la métaphore des vierges dont la beauté marche nu-pieds sur
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langue de départ, l'image du texte source peut avoir leș deux sens suivants : 1) Îl y a des vierges dont leș beautés șont nu-pieds et qui marchent sur leș bourgeons. 2) Îl y a des vierges qui marchent nu-pieds sur des bourgeons avec leurs beautés. On observe quelques différences entre leș versions citées dans le tableau ci-dessus. Premièrement, la métaphore des vierges dont la beauté marche nu-pieds sur leș bourgeons trouve multiples versions en français. Sanda Stolojan et Paul Villard
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sur leș bourgeons. 2) Îl y a des vierges qui marchent nu-pieds sur des bourgeons avec leurs beautés. On observe quelques différences entre leș versions citées dans le tableau ci-dessus. Premièrement, la métaphore des vierges dont la beauté marche nu-pieds sur leș bourgeons trouve multiples versions en français. Sanda Stolojan et Paul Villard proposent des traductions quasi-littérales. Paul Miclău renonce au nom " la beauté ", compensant cette perte par l'introduction de l'épithète " belles " qui détermine leș vierges. Dans la version
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Autres figures de langage Cette section est dédiée à l'analyse d'autres figures de style identifiées dans la poésie de Blaga. Nous présentons, dans un premier temps, leș difficultés de traduction engendrées par l'épithète, pour nous concentrer ensuite sur la traduction d'autres tropes, tels que la métonymie, l'énumération et l'oxymore. 4. 3. 1. L'épithète La poésie de Blaga joue parfois sur des épithètes transposables à l'aide de la méthode littérale : " frunza-ți jucăușa " " țes feuilles
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premier temps, leș difficultés de traduction engendrées par l'épithète, pour nous concentrer ensuite sur la traduction d'autres tropes, tels que la métonymie, l'énumération et l'oxymore. 4. 3. 1. L'épithète La poésie de Blaga joue parfois sur des épithètes transposables à l'aide de la méthode littérale : " frunza-ți jucăușa " " țes feuilles folâtres " (Gorunul/Le chêne) (Miclău, 1978 : 135) ; " veacuri fierbinți " " des siècles ardents " (Somn/Sommeil) (Miclău, 1978 : 317) ; " șovăiri solare " " des hésitations solaires " (Echinocțiu/Équinoxe) (Miclău, 1978
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légendaire " (Amintire/Souvenir) (Miclău, 1978 : 291) ; " murmure légendaire " (Souvenir) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 155) ; " une rumeur de légende " (Mémoire) (Stolojan, 1992 : 45) ; " ținte luminoase " " leș cibles lumineuses " (Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Miclău, 1978 : 299) ; " buts lumineux " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 157) ; " des cibles lumineuses " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Stolojan, 1992 : 49). D'autres figures de
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légende " (Mémoire) (Stolojan, 1992 : 45) ; " ținte luminoase " " leș cibles lumineuses " (Am inteles păcatul ce apasă peste casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Miclău, 1978 : 299) ; " buts lumineux " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 157) ; " des cibles lumineuses " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Stolojan, 1992 : 49). D'autres figures de Blaga surprennent le lecteur par leș associations inédites de termes même și, pris séparément, leș
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casa mea/J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Miclău, 1978 : 299) ; " buts lumineux " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Drăgănescu-Vericeanu, 1974 : 157) ; " des cibles lumineuses " (J'ai compris le péché qui pèse sur mă maison) (Stolojan, 1992 : 49). D'autres figures de Blaga surprennent le lecteur par leș associations inédites de termes même și, pris séparément, leș termes respectifs appartiennent au langage commun : " sori păduratici " " leș soleils des forêts " (Semne/Signes) (Miclău, 1978
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