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qui leur font recouvrer leur autonomie. "393 Dans un premier temps, la " forme " a signifié pour l'analyse du discours poétique " leș vers à rime, rythme et mesure régulières ". Prenons l'exemple de Jakobson qui, dans son étude du poème Leș Chats de Charles Baudelaire, souligne l'importance du signifiant poétique dans le cas des poèmes à forme fixe.394 Dans une autre étude, Jakobson parle en détail du niveau formel, surtout phonique et phonologique, du signe poétique, qui crée, selon
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396. Cette approche nous semble limitative : en effet, elle réduit le discours de la poésie aux poèmes à prosodie fixe.397 Entre autres, confiner le signifiant du poème à son côté sonore, surtout dans le cas de la poésie moderne, signifie annuler leș éléments qui relèvent de la typographie du texte, de son côté visuel.398 Considérant leș éléments prosodiques comme le résultat d'une organisation rigoureuse du matériau phonique, Jakobson se méfie du vers blanc.399 Pourtant, îl introduit pour la première fois
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aux poèmes à prosodie fixe.397 Entre autres, confiner le signifiant du poème à son côté sonore, surtout dans le cas de la poésie moderne, signifie annuler leș éléments qui relèvent de la typographie du texte, de son côté visuel.398 Considérant leș éléments prosodiques comme le résultat d'une organisation rigoureuse du matériau phonique, Jakobson se méfie du vers blanc.399 Pourtant, îl introduit pour la première fois le concept de " constantes formelles " qui doivent gouverner tout texte poétique, qu'il soit
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que, en premier lieu, tout vers libre, s'il veut être senti comme un vers, doit, malgré să relative liberté, manifester certaines constantes formelles, ou a tout le moins certaines tendances quasi constantes, en particulier dans l'organisation prosodique et leș intonations des groupes syntaxiques.400 En affirmant que " la poésie n'est pas science mais art, et l'art est forme et rien que forme "401, Jean Cohen lance la thèse de la prééminence de la forme. Îl est pourtant trop risqué
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prééminence de la forme. Îl est pourtant trop risqué de réduire le signe poétique à la simple composante formelle, car on arrive à minimiser le signifié poétique. Du point de vue de la transposition en langue cible, on ne peut pas ignorer leș éléments formels, tout comme îl est interdit de leur accorder une importance démesurée, en sacrifiant le message pour la rime par exemple.402 Îl ne faut pas oublier que, dans le cas des œuvres littéraires, le niveau formel du discours
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une analyse préliminaire. Le texte poétique est construit, en effet, sur un équilibre entre le signifiant et le signifié, équilibre illustré, dans la vision d'Abraham Moles, par la comparaison du poète à un librettiste qui s'efforce de placer leș syllabes évocatrices et leș mots-clés " aux points de la mélodie où leur intelligibilité reste suffisante pour qu'ils conservent un rôle effectif d'évocation dans le message global "403. * L'hypothèse de l'autonomie de la forme poétique met au plan second
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texte poétique est construit, en effet, sur un équilibre entre le signifiant et le signifié, équilibre illustré, dans la vision d'Abraham Moles, par la comparaison du poète à un librettiste qui s'efforce de placer leș syllabes évocatrices et leș mots-clés " aux points de la mélodie où leur intelligibilité reste suffisante pour qu'ils conservent un rôle effectif d'évocation dans le message global "403. * L'hypothèse de l'autonomie de la forme poétique met au plan second le signifié, plus difficile
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évocation dans le message global "403. * L'hypothèse de l'autonomie de la forme poétique met au plan second le signifié, plus difficile à décrypter : " Le "sens" poétique est donc ou multiple, ou accessoire, ou, à la limite, absent ; dans tous leș cas, la forme reste autonome, et vaut pour elle-même ; elle ne peut être liée à une fonction aussi évanescente. "404 Cette autonomie de la forme s'explique par le fait que le discours poétique et, implicitement, le message qu'il construit
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du poème, inversement, est de toujours proposer plusieurs sens sous une seule forme.405 Michael Riffaterre développe l'idée de la pluralité des sens, en introduisant la thèse de l'oblicité du message poétique : " [...] un facteur demeure constant : la poésie exprime leș concepts de manière oblique. Bref, un poème nous dit une chose et signifie une autre "406. Nous nous demandons, par conséquent, si le flou qui caractérise le signifié du discours de la poésie ne constitue un obstacle infranchissable à son déchiffrement
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convient de rappeler la conception de Michael Riffaterre sur la signifiance, conception que nous partageons : " [...] le trăit qui caractérise le poème, c'est son unité ; unité à la fois formelle et sémantique. [...] Cette unité formelle et sémantique, qui contient tous leș indices d'obliquité, je l'appellerai dorénavant la signifiance. Du point de vue du sens, le texte est une succession linéaire d'unités d'information ; du point de vue de la signifiance, le texte est un tout sémantique unifié. "409 Signifiant
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unités d'information ; du point de vue de la signifiance, le texte est un tout sémantique unifié. "409 Signifiant et signifié, dans leur unité indissoluble et harmonieuse, construisent la signifiance, c'est à dire l'unité formelle et sémantique qui contient leș indices d'obliquité du signe poétique. Michael Riffaterre place l'unité de signifiance au niveau du texte : " Le texte est donc une variation ou une modulation d'une seule structure thématique, symbolique, qu'importe et cette relation continue, à une
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intentionnalité : à travers le message transmis, le texte s'adresse à un certain public et remplit une certaine fonction dans la culture cible. Pourtant, l'existence de la signifiance et la visée du discours poétique ont été contestées, voire niées, par leș théoriciens. Pour cette raison, en ce qui suit, îl est nécessaire de présenter des théories qui visent la finalité du discours poétique. 1. 2. 4. Le texte poétique comme " écart " Nous avons exposé dans le premier chapitre la théorie du
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le hasard "414 et qu'elle " parle au désert, dans le désert plus volontiers qu'à nous-mêmes "415. La signification du discours poétique est niée, puisqu'il est proclamé le fruit de l'absurde, du hasard, du manque de logique. Leș adeptes de cette théorie soutiennent que le texte poétique n'admet aucune interprétation et ne vise aucun récepteur : Le silence est la source abyssale inaccessible de l'inspiration, mais le silence poétique est un haut degré de silence ; c'est
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de silence ; c'est lui qui nous délivre de l'opacité des signes et des pesanteurs de la langue ", avoue Michel Camus.416 Une deuxième hypothèse sur l'intentionnalité du discours poétique, soutenue, comme nous avons déjà remarqué, par Jakobson et leș formalistes russes, est que le discours poétique est le résultat d'une organisation ordonnée du langage et non pas le résultat du hasard. Îl s'adresse à un public élu, leș lecteurs de poésie, et n'a d'autre objet
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soutenue, comme nous avons déjà remarqué, par Jakobson et leș formalistes russes, est que le discours poétique est le résultat d'une organisation ordonnée du langage et non pas le résultat du hasard. Îl s'adresse à un public élu, leș lecteurs de poésie, et n'a d'autre objet que soi-même. Avec la poésie moderne, le langage semble s'organiser comme une réflexion sur să propre existence. L'émetteur du message poétique s'efface et le discours devient méta-discours.417
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sans contradiction que le sens soit à la fois même et différent, et que la poésie s'oppose à la non-poésie en ce qu'elle a non un autre sens mais un sens autre. "421 En d'autres mots, la/leș signification(s) est/șont inhérente(s) à tout discours poétique.422 Une troisième théorie, qui réunit en quelque sorte leș deux autres que nous avons exposées ci-dessus, et qui, selon nous, est devenue presqu'un cliché de la linguistique, définit le
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non-poésie en ce qu'elle a non un autre sens mais un sens autre. "421 En d'autres mots, la/leș signification(s) est/șont inhérente(s) à tout discours poétique.422 Une troisième théorie, qui réunit en quelque sorte leș deux autres que nous avons exposées ci-dessus, et qui, selon nous, est devenue presqu'un cliché de la linguistique, définit le discours poétique comme un " écart " du langage courant, ou bien comme " une violation systématique des normes langagières ". Cette vision se
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Meschonnic a remarqué l'ampleur qu'a prise la notion d'" écart ", associée par la critique moderne aux concepts de discours poétique et même de style littéraire.423 L'emploi du terme " écart " a comme origine un paradoxe formulé par leș théoriciens du langage, selon lequel le discours poétique est caractérisé plutôt à l'aide de catégories négatives, à căușe de son apparent refus des normes : La question se pose donc de savoir pourquoi l'acte poétique moderne se décrit avec
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acte poétique moderne se décrit avec une plus grande précision à l'aide de ces catégories négatives plutôt que positives ? [...] La seule chose que nous puissions constater est précisément ce refus des normes. Îl s'ensuit donc, pour connaître exactement leș éléments de cette " a-normalité ", l'obligation d'utiliser leș concepts mêmes qui se șont imposés aux critiques de bonne volonté.424 D'autres théoriciens, comme Karlheinz Stierle, préfèrent la notion de " transgression " des règles du langage courant à la notion
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précision à l'aide de ces catégories négatives plutôt que positives ? [...] La seule chose que nous puissions constater est précisément ce refus des normes. Îl s'ensuit donc, pour connaître exactement leș éléments de cette " a-normalité ", l'obligation d'utiliser leș concepts mêmes qui se șont imposés aux critiques de bonne volonté.424 D'autres théoriciens, comme Karlheinz Stierle, préfèrent la notion de " transgression " des règles du langage courant à la notion d'" écart " pour définir le discours poétique.425 Cette
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se șont imposés aux critiques de bonne volonté.424 D'autres théoriciens, comme Karlheinz Stierle, préfèrent la notion de " transgression " des règles du langage courant à la notion d'" écart " pour définir le discours poétique.425 Cette propriété de transgresser leș normes du " pacte discursif " dont parlait Rodriguez 426 ferait de la poésie un moyen de franchir leș règles langagières courantes : " Ainsi peut-on d'emblée définir la possibilité de la poésie lyrique par cette assertion : elle n'est pas un genre propre, mais
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la notion de " transgression " des règles du langage courant à la notion d'" écart " pour définir le discours poétique.425 Cette propriété de transgresser leș normes du " pacte discursif " dont parlait Rodriguez 426 ferait de la poésie un moyen de franchir leș règles langagières courantes : " Ainsi peut-on d'emblée définir la possibilité de la poésie lyrique par cette assertion : elle n'est pas un genre propre, mais une manière spécifique de transgresser un schème générique, c'est-à-dire discursif. "427 Cette apparente " négativité " du
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générique, c'est-à-dire discursif. "427 Cette apparente " négativité " du discours poétique mène à une définition de la poésie comme déconstruction du langage une " négativité négative ", oserions-nous dire.428 Nous nous demandons și la poésie est vraiment une forme de " révolte " contre leș règles langagières. En fait-elle son intention manifeste ? Ou se situe-t-elle, plutôt, au-delà de cette visée déconstructiviste ? Pour répondre à ces questions, îl convient de souligner le fait que cet écart peut avoir des conséquences positives, par exemple quand îl construit
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situe à la base de la construction du style. Le style devient donc l'évaluation de l'écart par rapport aux règles linguistiques, " un écart qui se définit quantitativement par rapport à une norme "430. Mais și le style est écart, leș éléments qui le construisent sont-ils identifiables et quantifiables ? En ce sens, Jean Cohen propose une convergence entre la stylistique et la statistique, soutenant que le fait poétique est un fait mesurable, car " îl s'exprime comme fréquence moyenne des écarts
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poèmes, à partir duquel îl serait théoriquement possible de mesurer le "taux de poésie" d'un poème donné "431. Une possible quantification de l'écart dans le discours poétique se réalise à l'aide d'une analyse attentive de la figuralité : leș figures du langage poétique, qui nous intéressent dans cette étude432, constituent, selon Cohen, leș marques leș plus évidentes de la négativité. Leur présence même dans le discours lyrique justifie la différence entre poésie et prose.433 Cependant, le danger qui guette
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