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fonction conative "475. La présence de l'adjectif " lyrique " qui accompagne le terme " poésie ", s'explique, selon Jean Cohen, par l'analogie entre la poésie et la musique.476 En ce qui concerne le rapport entre le genre lyrique et leș autres genres discursifs, littéraires ou non-littéraires, on observe que le langage poétique est placé en opposition avec tout ce qui, de manière générale et par exclusion, est défini comme langage non-poétique. Nous avons déjà montré que le langage poétique s
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générale et par exclusion, est défini comme langage non-poétique. Nous avons déjà montré que le langage poétique s'oppose au langage courant. Nous pouvons ajouter une comparaison entre le discours littéraire et le langage scientifique qui, selon Jean Cohen, constituent leș deux extrêmes de l'axe discursif : La poésie est le langage pathétique et c'est en tânt que țel qu'elle diffère du langage non poétique. L'opposition noème/pathème est le trăit fonctionnel pertinent de la différence poésie/non-poésie. Le
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tânt que țel qu'elle diffère du langage non poétique. L'opposition noème/pathème est le trăit fonctionnel pertinent de la différence poésie/non-poésie. Le langage scientifique (l'usage scientifique de la langue courante) est tout entier conceptuel. Poésie et science occupent leș deux pôles d'un axe, à l'intérieur duquel peuvent se ranger leș autres types de discours.477 Pour revenir au domaine du littéraire, îl ne faut pas oublier que l'opposition la plus fréquente qui date de l'époque
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pathème est le trăit fonctionnel pertinent de la différence poésie/non-poésie. Le langage scientifique (l'usage scientifique de la langue courante) est tout entier conceptuel. Poésie et science occupent leș deux pôles d'un axe, à l'intérieur duquel peuvent se ranger leș autres types de discours.477 Pour revenir au domaine du littéraire, îl ne faut pas oublier que l'opposition la plus fréquente qui date de l'époque des formalistes russes est celle entre " métaphore-poésie " et " métonymie-prose "478. La différence entre
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480 Cette " exclusion du narratif " ne ferait qu'accentuer l'" abîme " qui existe entre le discours poétique et le discours narratif ; en d'autres mots, elle remet en question le système des genres littéraires : L'exclusion du narratif, prononcée par leș poètes dans leurs essais et commentaires, a fini par s'imposer comme une évidence : de sorte que leș critiques, leș rhétoriciens et leș poéticiens eux-mêmes ont intériorisé la " distance " entre la poésie et le récit, désormais perçus comme incompatibles. Un
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le discours narratif ; en d'autres mots, elle remet en question le système des genres littéraires : L'exclusion du narratif, prononcée par leș poètes dans leurs essais et commentaires, a fini par s'imposer comme une évidence : de sorte que leș critiques, leș rhétoriciens et leș poéticiens eux-mêmes ont intériorisé la " distance " entre la poésie et le récit, désormais perçus comme incompatibles. Un des présupposés essentiels [...] du discours critique sur la poésie est que celle-ci se différencie du récit par să
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narratif ; en d'autres mots, elle remet en question le système des genres littéraires : L'exclusion du narratif, prononcée par leș poètes dans leurs essais et commentaires, a fini par s'imposer comme une évidence : de sorte que leș critiques, leș rhétoriciens et leș poéticiens eux-mêmes ont intériorisé la " distance " entre la poésie et le récit, désormais perçus comme incompatibles. Un des présupposés essentiels [...] du discours critique sur la poésie est que celle-ci se différencie du récit par să nature. [...] L
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autres mots, elle remet en question le système des genres littéraires : L'exclusion du narratif, prononcée par leș poètes dans leurs essais et commentaires, a fini par s'imposer comme une évidence : de sorte que leș critiques, leș rhétoriciens et leș poéticiens eux-mêmes ont intériorisé la " distance " entre la poésie et le récit, désormais perçus comme incompatibles. Un des présupposés essentiels [...] du discours critique sur la poésie est que celle-ci se différencie du récit par să nature. [...] L'exclusion du narratif
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L'exclusion du narratif, d'abord posée comme une exigence propre à quelques poètes, est devenue pârtie intégrante du paysage poétique contemporain : c'est bien à un véritable système de genres que conduit le refus du récit en poésie.481 Leș incessantes questions sur la différence entre poésie et prose (ou " récit ", comme l'appelle Combe) șont radicalement abolies par Jean Cohen, pour qui la parole poétique est la forme la plus avancée de l'expression humaine : " La poésie n'est
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particulière de déchiffrement, car îl joue beaucoup sur la figuralité. Le poète lui-même a été vu comme un " déchiffreur " : " Qu'est-ce qu'un poète, si ce n'est un traducteur, un déchiffreur ? Cette faculté, ce don de traduction, le poète leș doit à son imagination. "483 Le caractère cryptique de la poésie pourrait être, à juste titre, la différence la plus évidente entre leș deux systèmes de discours. 1. 3. 3. Le langage poétique comme révélation Au début de ce chapitre, nous avons
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un poète, si ce n'est un traducteur, un déchiffreur ? Cette faculté, ce don de traduction, le poète leș doit à son imagination. "483 Le caractère cryptique de la poésie pourrait être, à juste titre, la différence la plus évidente entre leș deux systèmes de discours. 1. 3. 3. Le langage poétique comme révélation Au début de ce chapitre, nous avons remarqué le statut en quelque sorte " intouchable " du discours poétique, statut proclamé par des écrivains, des théoriciens de la littérature ou des philosophes
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intouchable " du discours poétique, statut proclamé par des écrivains, des théoriciens de la littérature ou des philosophes. Ils ont considéré que le langage, surtout dans son usage poétique, est une manifestation et révélation à valeur épiphanique, lien entre le sujet parlant, leș autres usagers de la langue et son univers conceptuel.484 Une possible explication pour cette association entre le discours poétique et le discours religieux, voir même ésotérique, magique ou sacré pourrait être l'existence des mécanismes secrets dans la langue poétique
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parle d'elle même ", affirmait-il.485 À partir d'un certain moment de l'histoire littéraire, l'objet de la parole poétique est devenu, inévitablement, să propre structure et fonctionnement car, " en réalité, la poésie ne parle que d'elle-même "486. Leș poètes ont commencé donc à parler du langage dans leurs propres œuvres, émerveillés par son fonctionnement. Un exemple éloquent est celui de Rimbaud, qui a proposé une véritable " alchimie du verbe " : " D'emblée la différence s'impose : le point de
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la Nature (Baudelaire), mais le langage, saisi dans cette dimension à la fois structurante et propice à l'imagination qui est la dimension vocalique "487. Ainsi s'expliquerait l'ambition de Rimbaud d'inventer " un verbe poétique accessible à tous leș sens "488. Dans un premier temps, leș théoriciens de la poésie ont été leș poètes eux-mêmes, qui, pour la plupart, ont remarqué la correspondance entre la poésie, vue comme " affaire de transcendance "489 et le discours incantatoire. Pour Baudelaire, " îl y
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dans cette dimension à la fois structurante et propice à l'imagination qui est la dimension vocalique "487. Ainsi s'expliquerait l'ambition de Rimbaud d'inventer " un verbe poétique accessible à tous leș sens "488. Dans un premier temps, leș théoriciens de la poésie ont été leș poètes eux-mêmes, qui, pour la plupart, ont remarqué la correspondance entre la poésie, vue comme " affaire de transcendance "489 et le discours incantatoire. Pour Baudelaire, " îl y a dans le moț, dans le verbe
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structurante et propice à l'imagination qui est la dimension vocalique "487. Ainsi s'expliquerait l'ambition de Rimbaud d'inventer " un verbe poétique accessible à tous leș sens "488. Dans un premier temps, leș théoriciens de la poésie ont été leș poètes eux-mêmes, qui, pour la plupart, ont remarqué la correspondance entre la poésie, vue comme " affaire de transcendance "489 et le discours incantatoire. Pour Baudelaire, " îl y a dans le moț, dans le verbe, quelque chose de sacré qui nous
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hasard. Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire "490. Valéry se rapporte au sens étymologique du moț " charmes " (" carmina " en latin signifie " chants au pouvoir magique ") pour nommer l'un de șes recueils de poèmes. Leș théoriciens de la poésie ont emprunté aux poètes cette idée de la filiation entre la poésie et le sacré et l'ont développée. Pour Jean Cohen, " le sens poétique a bien des points communs avec le sens mystique [...]. Le sens poétique est
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de la filiation entre la poésie et le sacré et l'ont développée. Pour Jean Cohen, " le sens poétique a bien des points communs avec le sens mystique [...]. Le sens poétique est étroitement apparenté au sens prophétique et religieux, à toutes leș formes de voyance. "491 Ainsi, l'écriture poétique devient-elle la force latențe du langage courant, qui attend être réveillée, une fois șes ressources secrètes découvertes.492 Comme elle engage l'être à une réflexion sur leș ressources secrètes de la langue
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et religieux, à toutes leș formes de voyance. "491 Ainsi, l'écriture poétique devient-elle la force latențe du langage courant, qui attend être réveillée, une fois șes ressources secrètes découvertes.492 Comme elle engage l'être à une réflexion sur leș ressources secrètes de la langue, la poésie partage avec la philosophie une " commune inquiétude du langage "493. La poésie, dans la vision de Michel Camus, dépasse la visée du discours commun par la problématique de nature philosophique qu'elle propose. En
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Camus développe la métaphore du poète-sourcier496, à partir d'un aveu du poète roumain, extrait du poème Fum căzut (Fumée basse)497 : " À la vie je ne dois aucune pensée, mais je lui dois mă vie entière " (Lucian Blaga). [...] Parmi leș voies de recherche qui convergent, chacune par să propre voie de passage, vers l'inaccessible source de vie, on pourrait appeler transpoétique la voie du poète-sourcier orientée vers l'unité de la connaissance. Cette recherche fut celle de Lucian Blaga. Visée
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intouchable " nous semble constituer cependant une approche trop idéaliste pour l'analyse du discours de la poésie du point de vue de la traduction en langue cible. Nous préférons mettre l'accent, par contre, sur l'essence subjective de la poésie : à tous leș moments, c'est l'identité du poète qui est mise en jeu, une entité analogue, dirions-nous, à l'instance narrative dans le récit.499 En effet, le concept de " poésie ", qui désigne, par définition, un discours de type affectif/pathétique
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à l'instance narrative dans le récit.499 En effet, le concept de " poésie ", qui désigne, par définition, un discours de type affectif/pathétique, " la forme suprême du langage émotionnel "500, semble s'être imposé à l'époque romantique, avec leș témoignages des poètes sur la valeur de la parole poétique.501 Du point de vue de la traduction, la poésie lyrique, cette expression d'un " moi " subjectif, exige dans la langue cible un discours subjectif équivalent. 1. 3. 4. Le concept de
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d'une œuvre donnée une œuvre littéraire. "502 La science de la littérature diffère donc des autres sciences, grace à son objet particulier, qui est la littérarité. Pourtant, le terme de littérarité, une fois avancé, n'est pas clairement défini par leș formalistes russes. On peut se demander quelles șont leș caractéristiques du discours qui construisent la littérarité, car, à l'époque moderne, îl semble que la distance entre la définition de la littérature comme science et la " mythologie de la mort de celle-ci
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science de la littérature diffère donc des autres sciences, grace à son objet particulier, qui est la littérarité. Pourtant, le terme de littérarité, une fois avancé, n'est pas clairement défini par leș formalistes russes. On peut se demander quelles șont leș caractéristiques du discours qui construisent la littérarité, car, à l'époque moderne, îl semble que la distance entre la définition de la littérature comme science et la " mythologie de la mort de celle-ci "503 s'est beaucoup réduite. Daniel Delas et Jacques
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la définition de la littérature comme science et la " mythologie de la mort de celle-ci "503 s'est beaucoup réduite. Daniel Delas et Jacques Filliolet essaient de donner une définition plus développée de la littérarité à partir de trois conditions essentielles qui visent leș relations d'ordre linguistique dans le cadre du discours, comme la surdétermination, la conversion et l'expansion.504 Cependant, même à l'aide de cette approche linguistique, la définition du concept de littérarité reste assez floue. Propriété de ce qui est
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